I . De Civiiate Dei, lib. V , cap. XI
de la suprême Providence; rien qui ne soit ordonné par elle, ou permis selon l'ineffable justice avec laquelle elle distribue les récompenses et les peines, dans cette vaste et pour ainsi dire immense république de toutes les créatures*. »
Universelle, toujours active, présente à tout, la divine Providence gouverne le monde par des lois particulières tout [ensemble et par des lois générales. ttËlle veille sur chacun de nous, comme s'il était seul, et sur tous, avec autant de soin que sur chacun^, d
De ce gouvernement de la Providence résulte dans toutes choses la loi , et des lois des choses naît Tordre universel.
Augustin, cédant à son imagination charmante, vérifie cette proposition capitale par les détails les plus familiers. C'est ainsi qu'il rappelle le combat de deux coqs, dont il s'était plu à être le spectateur.
« On voyait les têtes de ces deux coqs se dresser et se roidir, leurs crêtes se gonfler, leurs coups devenir pressants, en même temps qu'ils cherchaient à les éviter l'un l'autre avec des précautions infinies. Et il n'y avait rien en tout cela, rien dans tous les mouvements de ces animaux dépourvus de raison, qui ne marquât de la convenance. Car cette convenance venait d'une autre raison qui donne à toute chose sa mesure. Tout annonçait le vainqueur; son chant superbe, son corps ramassé et tournoyant exprimaient le faste de la
I. De Trinitate, Ifb. lU, cap. m. *2. Confessionum lib. UI, cap. ii.
domination. Comment aussi n'aurait-on pas reconnu le vaincu? Il y avait dans ses plumes hérissées au* tour du cou , dans ses cris et dans ses mouvements je ne sais quoi de hideux, qui, par cela même, se trouvait conforme aux lois de la nature et avait aussi sa beauté... N'y a-t-il pas là une loi? n'y a-t-il pas là l'empire qui est dû au meilleur? n*y a-t-il pas là cooune une image delà constance? n'y a-t-il pas là comme un reflet de la véritable et pure beauté ? n'y a-t-il pas là • de la mesure * ? »
S'il en est ainsi du monde physique, comment n*eii serait-il pas de même du monde moral? La loi est partout , et la loi fait l'ordre , et l'ordre c'est Dieu même.
« Il y a un ordre qu'il faut observer dans la vie, pour parvenir jusqu'à Dieu ; si nous ne l'observons pas dans la vie, nous ne parviendrons pas jusqu'à Dieu*.»
« Il y a un ordre , par lequel sont conduites toutes les choses que Dieu a créées. Que dis-je? Dieu luimême n'agit- il point suivant l'ordre? On n'en peut douter ^. »
L'ordre, aussi bien, éclate dans l'unité et se résout dans l'unité.
a Qu'est-ce en effet que la douleur, sinon un sentiment pénible causé par la division ou la corruption?... Tous les êtres qui sont capables de sentir les étreintes de la douleur ou les caresses de la volupté, avouent, par cela