De Moribus Manichmorum^ )ib. II, cap. vi
DlC LA rnOVlDENCE. 385
joie, attestent ainsi et proclament Tunité du Créateur *. »
Et certes, si les Manichéens n'avaient pas Tcsprit étrangement prévenu, cette admirable unité des choses les obligerait d'afflrmer qu'il n'y a qu'un Dieu, et que ce Dieu, père de l'unité, est parfaitement bon, qu'il est Providence, a Telle est la force et la puissance de l'unité, que même les biens qui sont multitude nous plaisent, alors qu'ils conspirent et concourent à former une certiine universalité. Or, c'est de l'unité que tire son nom l'universalité. Que si les Manichéens s'attachaient à cette considération , ils loueraient Dieu auteur et créateur de l'universalité des choses ; et quant aux détails qui les choquent dans notre condition mortelle, ils les subordonneraient à la beauté du tout, et verraient comment Dieu a fait toutes choses, non -seulement bonnes, mais très-bonnes. Et en effet, il en est de Tunivers comme d'un discours élégant et savant. Ce n'cît point dans chaque syllabe en particulier, c'est encore moins dans chaque lettre, lesquelles passent aussitôt qu'elles ont été prononcées, que nous trouvons ce qui récrée et ce qui est louable. La beauté du discours résulte de l'ensemble, et non point de chaque syllabe, de chaque lettre prise en particulier^. »
Les Manichéens, il est vrai, sont blessés du mal qu'ils aperçoivent dans le monde, et il y a là certainement de quoi troubler les plus fermes esprits. Augustin rappelle quelle impression il avait lui-même ressentie delaconsi-