De Ordine, Ifb. I, cap
« On dira peut-être : d'où vient le péché; et en somme d'où vient le mal? S'il vient de l'homme, d'où vient l'homme? S'il vient de l'ange, d'où vient l'ange? Sans doute l'homme et l'ange viennent de Dieu. Mais ce n'est point une raison pour rapporter à Dieu par enchaînement de conséquences les maux et les péchés, comme le font des esprits ignorants et incapables de pénétrer profondément l'intérieur des choses... Connaissons Dieu, et toutes les objections qui nous agitent se^ ront levées comme d'elles-mêmes ^ d
En effet, «Dieu étant bon, il n'a pu créer que des choses bonnes ; il a fait toutes choses bonnes comme lui ^. »
t( Mais alors où est le mal? D'où vient-il? Et par où s'est-il glissé dans ce monde ? Quelle en est la racine? Quelle en est la semence?... D'où vient le mal? Ne seraitce pas de la matière dont Dieu s'est servi pour faire les choses?... N'a-t-il donc pu, lui qui est tout-puissant, changer, renouveler celte matière tout entière, de façon qu'il n'y laissât rien de mauvais? Ou si elle était éternelle, comment, pendant la durée infinie des temps qui ont précédé la création, Ta-t-il laissée dans l'état où elle était, et pourquoi, après si longtemps, lui a-t-il plu d'en faire quelque chose ^ ? »
On ne peut rapporter le mal à la matière , qu'autant que Ton considère la matière comme éternelle. Mais Augustin professe que la matière est créée de Dieu. Rapporter le mal à la matière, ce serait donc, par voie détournée, rapporter à Dieu l'origine du mal. En-