‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 245 sur 539 · Ibid., ibid · texte numérisé non relu

Ibid., ibid

388 CHAHTRK IV.

core une fois, la notion même de Dieu exclut toute participation de Dieu au mal.

D'ailleurs, les Manichéens qui , dans leur dualisme aveugle, opposent constamment les biens aux maux, ne considèrent, après tout, que les maux, sans s'expliquer aucunement sur Torigine des biens. Et cependant, a que de biens comprennent les natures que les Manichéens placent dans la terre des ténèbres!... Toute nature, en tant que nature, est bonne... Il n'y a jamais de nature sans quelque bien. Les Manichéens ne parlent que des seuls maux... a Vous me demandez, ô Manichéens (car c'est toujours là votre dernier mot), d'où viennent ces maux dont je me disais choqué moi-môme. Peut-être vous répondrai-je,sivous me dites d'abord vous-mêmes d'où viennent ces biens que vous êtes obligés vousmêmes de louer, à moins de pousser jusqu'à l'absurde l'aveuglement de voire cœur *. »

Quoi qu'il en soit, il y a du mal, et il est nécessaire de s'expUquer sur son origine. Or, on se rendra compte d'où vient le mal, et on comprendra qu'il ne peut venir de Dieu, si on se fait d'abord une idée juste de la nature du mal.

Par conséquent, quelle est la nature du mal? Qu'est-ce que le mal?

« Toute nature est bonne, et tout bien vient de Dieu ; or, toute nature vient de Dieu ''^. »

tt A ce compte, la matière même, que les anciens appelaient Ay/e, ne peut être dite un mal ^. »

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