De Libero ÀrbitriOy llb. 111, cap. x
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et la justice, mais aussi celles qui doivent pécher; Don pas afin qu'elles pèchent, mais pour servir d^oroemeDi au tout, soit qu'elles veuillent, soit qu'elles ne veuillent pas pécher*. Ou encore, ce n'est pas, assurément, la puissance qui a manqué à Dieu pour faire l'homme tel qu'il ne pût pécher; mais il a préféré le faire capable de pécher, s'il voulait ; de ne pas pécher, s'il ne le voulait pas; lui défendant de pécher, lui ordonnant de ne pécher pas ; de telle sorte que d'abord ce lui fût un mérite de ne pas pécher, et ensuite une juste récompense de ne pouvoir pécher '.
En somme, de tout ce qui précède, il suit:
Que le mal n'est aulre chose que la privation du bien ;
Qu'il n'y a rien de mal, qui ne soit en même temps un bien ;
Que le bien et le mal, quoique contraires, peuvent être simultanément dans un même objet. Les maux viennent des biens, et sont dans les biens '.
De ces considérations tout abstraites, Augustin passe au détail des faits.
Et d'abord, qu'est-ce que le mal physique, qu'est-ce que le mal moral, en comparaison des biens physiques et moraux qui abondent dans l'univers î Y a-t-il môme des maux physiques et moraux, c'est-à-dire du désordre dans le monde?
Qu'entend-on par les maux physiques? c< Plotîn, philosophe platonicien, a discuté la question de la
I. De lAbero Arbitrio^ llb. III, cap. xi. *2. De Coniinenlin^ liber unus, cap. vi. i. Enchiridion ^ cap. xi.
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Providence, et il lui suffît de la beauté des fleurs et des feuilles pour prouver cette Providence dont la beauté est intelligible et ineffable, qui descend des hauteurs de la majesté divine jusqu'aux choses de la terre les plus viles et les plus basses, puisque, en effet, ces créatures si frêles et qui passent si vite n'auraient point leur beauté et leurs harmonieuses proportions, si elles n'étaient formées par un être toujours subsistant qui enveloppe tout dans sa forme intelligible et immuable '. »
Augustin se range complètement à l'avis de Plotin, 11 combat avec un langage véhément à la fois et ingénieux le sentiment de ceux qui trouvant plusieurs choses à reprendre dans cet univers, ouvrage excellent d'un excellent créateur , croient à l'existence d'une mauvaise nature. Ci'est-à-dire qu'ici encore il réfute la doctrine des Manichéens, a On ne veut considérer que les misères de notre corps, devenu mortel et fragile en punition du péché et exposé ici-bas à une foule d'accidents contraires, comme le fou, le froid, les bêtes farouches et autres choses semblables. On ne remarque pas combien ces choses sont excellentes dans leur essence et dans la place qu'elles occupent, avec quel art admirable elles sont ordonnées, à quel point elles contribuent chacune à la beauté de l'univers, et quels avantages elles nous apportent quand nous savons en bien user, en sorte que les poisons mêmes deviennent des remèdes, étant employés à propos, et qu'au contraire, les choses qui nous flattent le plus, comme la lumière, le boire et le manger, sont nuisibles par l'abus qu'on en fait. La divine Pro-