De Civitate Dei^ lib. X, cap. xit
vidence nous avertit par là de ne pas blâmer témérairement ses ouvrages, mais d'en rechercher soigneusement Futilité, et lorsque notre intelligence se trouve en défaut, de croire que ces choses sont cachées comme Tétaient plusieurs autres que nous avons eu de la peine à découvrir. Si Dieu permet qu'elles soient cachées, c'est pour exercer notre humilité ou pour abaisser notre orgueil. En effet, il n'y a aucune nature mauvaise, et le mal n'est qu'une privation du bien; mais depuis les choses de la terre jusqu'à celles du ciel , depuis les visibles jusqu'aux invisibles, il en est qui sont meilleures les unes que les autres, et leur existence à toutes tient essentiellement à leur inégalité. Or, Dieu n'est pas moins grand dans les petites choses que dans les grandes ; car il ne faut pas mesurer les petites par leur grandeur naturelle, qui est presque nulle, mais par la sagesse de leur auteur. C'est ainsi que rasant un sourcil à un homme on ôterait fort peu de son corps, mais on ôterait beaucoup de sa beauté, parce que la beauté du corps ne consiste pas dans la grandeur de ses membres, mais dans leur proportion*. » Non, « Dieu n'est pas petit môme dans les petites choses. Car ce n'est point par la masse, mais par la vertu que Dieu est grand, et il a manifesté pleinement sa Providence, en donnant un sens plus pénétrant aux fourmis et aux abeilles qu'aux ânes et aux chameaux*^. » « La moindre petite mouche ne peut ôtrc attentivement considérée sans étonner l'intelligence et faire louer le Créateur '. »