DeCivUateDei, Ub. XXH, cap. xxiv
DE LA PROVIDEIVCE. 399
de Tunivers changeant, nous ne pouvons en sentir renseinble, où ces fragments qui nous blessent trouvent leur place, leur convenance et leur harmonie*. » « Supposez un ignorant qui entre dans un atelier, où il voit un grand nombre d'instruments dont il ne connaît pas Tusage, et que, dans sa sottise, il estime su** perQus. Ce n'est pas tout, s'il se laisse tomber dans une fournaise, ou qu'en maniant maladroitement un instrument tranchant, il vienne à se blesser, il juge même que cet atelier renferme beaucoup de choses pernicieuses et nuisibles. Cependant l'artisan qui cou^ naît la destination de toutes ces choses, se rit de son ineptie, et, sans s'inquiéter de plaintes vaines, continue à exercer son industrie. Or, les hommes sont si insensés que, tandis qu'ils n'oseraient condamner chez un artisan ce qu'ils ignorent, ils n'hésitent point à reprendre, dans le gouvernement divin du monde, une foule de détails dont ils ne voient pas les causes et veo* lent paraître savoir ce qu'ils ne savent pas relativement aux ouvrages et aux instruments du suprême ouvrier... Quant à moi, continue Augustin, j'avoue que j'ignore pourquoi ont été créés les rats et les grenouilles, ou les mouches ou les vermisseaux... Mais puisqu'on toutes choses, on aperçoit de la mesure, du nombre et de l'ordre, ne faut-il pas chercher un artisan qui soit Dieu*^?»
Nous ne connaissons qu'une partie de la totalité des choses, et par cette partie nous apprécions la totalité,