Ibid,^ cap, xvi
le dessein de la divine Providence , en vertu duquel s'accomplissent ces changements, reste immuable.
Dieu, qui sait mieux que Tbomme ce qui convient à chaque temps, assigne ce qui convient à chaque temps. Qu'il accorde, qu'il ajoute, qu'il retire, qu'il enlève, qu'il augmente ou diminue; créateur et modérateur immuable des choses muables, il développe dans le temps, comme les beautés d'un immense poème, dont les choses prises chacune à leur moment constituent les parties, et ceux qui lui rendent le culte qui lui est dû , peuvent même de là s'élever à la contemplation de l'éternelle beauté, aloi*s même que c'est encore le temps de croire*.
Mais il n'en va pas ainsi du grand nombre. La plupart des hommes s'attachent aux choses temporelles et ne songent point à la divine Providence qui a fondé et qui dirige tous les temps. C'est pourquoi, dans leur amour pour les choses temporelles, ils ne veulent pas que ce qu'ils aiment passe, et sont aussi absurdes que quelqu'un qui, assistant à la lecture d'un beau poëme^ voudrait toujours entendre une certaine syllabe seule... Aucun homme, d'ailleurs, ne peut embrasser l'ordre entier des siècles ^. Aussi faut-il réfléchir et comme revenir à soi, afin d'entendre ce qu'est la beauté de l'univers, laquelle tire son nom de l'unité. De même, en effet, que dans un cercle, quelque grande que soit sa circonférence, il y a un milieu où tout converge, et que les géomètres appellent centre, de telle sorte que, s'ils