De Libero Arbitrio^ lib. Ul, cap. u
les passages éclatants d'un discours '. Le genre humain en particulier a été créé pour faire la splendeur et Tornement de l'univers, et la divine Providence le gou- Ycrne de telle façon qu'un remède d'une puissance ineffable change en une espèce de beauté la honte même des vices ^.
Tout compté et rebattu, c'est donc l'ensemble et l'universalité des choses que l'on doit considérer dans l'espace et dans le temps, et non pas un point de l'espace ou du temps '. Du concours des créatures qui paraissent et disparaissent, résulte une beauté toute temporelle. Ni ce qui meurt, ni ce qui cesse d'être, ne trouble ni n'altère la mesure, la beauté, l'ordre de l'univers créé; non plus qu'un discours composé avec art ne laisse point d'être beau, quoique les syllabes et tous les sons s'y succèdent comme en naissant et en mourant^. Les manques des choses sont ordonnés dans Tunivers, de manière qu'une sage considération nous montre qu'ils y ont un rôle approprié. Ainsi , eu privant de lumière certains lieux et certains temps, Dieu a fait les ténèbres aussi convenablement que les jours. Que si nous, en retenant notre voix, nous introduisons dans le discours un silence convenable, à combien plus forte raison le suprême artisan de toutes choses a-t-il pu convenablement imposer des manques à certaines créatures^? Quelques changements qui s'accompHssent,