‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 285 sur 539 · De Peccalorum meritis et remisiionet lib. IJ, cap. xvi · texte numérisé non relu

De Peccalorum meritis et remisiionet lib. IJ, cap. xvi

des méchants détourne du mal : or, évidemment, ce genre de créature bonne n'aurait pas été, si Dieu avait changé en bien toutes les volontés mauvaises, et qu'il n'eût infligé à aucune iniquité la peine qui lui est due; et ainsi il n'y aurait eu que ce genre seul de créature, qui n'aurait tiré aucun avantage ni de l'exemple du péché ni de l'exemple du supplice des méchants. De la sorte, sous apparence d'augmenter le nombre des créatures qui appartiennent à un genre plus excellent, on aurait diminué le nombre des genres même de créatures bonnes *. »

Répétons-le. « Ceux qui ont choisi le parti de l'iniquité et dépravé une nature louable par une volonté perverse , n'en ont pas moins dû être créés , encore qu'ils aient été un objet de prescience. Car, eux aussi , ont leur place à occuper et leur rôle à remplir pour l'utilité des saints. Si Dieu, en effet, n'a besoin de la justice d'aucun homme juste, combien moins a-t-il besoin de Tiniquité d'un pervers? Conséquemment , demander pourquoi Dieu a créé ceux-là même qu'il savait à l'avance devoir être méchants , c'est dire qu'il valait mieux qu'il n'y eût pas de créatures qui méritassent d'être couronnées par la miséricorde divine en bien usant du mal d'autrui, que d'en admettre même de mauvaises qui seraient justement punies suivant leur mérite. Or, à ce compte, comme la raison nous montre certainement qu'il n'y a pas deux choses qui soient des biens égaux, mais que l'une est un bien supérieur, l'autre un bien intérieur, ceux-là ne se com-

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