De Genesi ad Litteram , lib. XI , cap. i
prenoent pas qui disent qu'il aurait fallu que deux genres de biens fussent un tel bien déterminé. Car ce n'est rien moins que réduire ces deux biens à un seul.. . Eh quoi ! parce que le sens de la \ue est plus excellent que le sens de l'ouïe, était-il nécessaire que l'homme eût quatre yeux et point d'oreilles?... Il y a donc témérité à dire que Dieu aurait mieux fait de ne point créer ceux sur lesquels il devait répandre les trésors de sa miséricorde, s'il ne pouvait leur donner l'être qu'à la condition de créer aussi ceux qui étaient destinés à manifester la justice de sa vengeance *. »
«Tenons-nous en à cet aveu salutaire, à cette croyance légitime que le Dieu et le Seigneur de toutes choses, qui a créé toutes choses parfaitement bonnes, qui a prévu que des biens naîtraient du sein des maux, et qui a su qu'il convenait mieux à sa toute*puissante bonté de tirer le bien même des maux que de ne pas permettre qu'il y eût des maux; que ce Dieu a ordonné la vie des anges et des hommes de telle façon, qu'il y montr&t d'abord ce que pouvait leur libre arbitre , ensuite ce que pouvaient le bienfait de sa gr&ce et le jugement de sa justice ^. » Oui, encore une fois, <c la nature de l'homme vient de Dieu , mais non point l'iniquité dans laquelle l'homme s'enveloppe lui-même en usant mal de son libre arbitre. Et cependant, s'il n'avait pas ce libre arbitre , ne serait*il point placé à un rang mférieur dans la nature des êtres ^ ? »