MpisiQi^ CXC, OpWQ (418), cap. lu
D£ LA LifiBRTÉ ET OS t GRACE. 463
La possibilité, par laquelle rhomme peut être juste;
La volonté, par laquelle il veut être juste ;
L'action , par laquelle il est juste.
Pelage reconnaît que le premier élément de la pratique de la justice nous vient du Créateur, et qu'il ne dépend pas de nous. Mais c'est à nous, et à nous seuls exclusivement, qu'il attribue les deux autres.
Là est son erreur capitale ' .
Non-seulement Thomme tient de Dieu la possibilité d'être juste, quoiqu'il ne veuille et ne fasse pas le bien. Mais encore c'est la grâce qui aide la volonté et Faction de l'homme, au point que sans ce secours nous n'avons aucune bonne volonté, ni ne faisons aucune bonne action .
a II y a des téméraires qui présument assez du libre arbitre de la volonté humaine pour croire qu'afin de ne pas pécher nous n'avons pas besoin d'un secours divin, du moment que le Ubre arbitre a été accordé à notre nature. Il suit de là que nous ne devons pas non
1. De Gratta Christi, liber unus, cap. m, xxv, XL vu. « Cum tria Pelagius constituât atque distinguaty quibus dlvina mandata dieit implerif poisibilitatem^ voluntatem, actionem : poasibUitatem sciUcet, qua poiest homo esse jtistus; voluntatem qua vuU eue justui; actionem, qua justus est : horum trium primum^ id est possibilitatem datam cor\fitetuT a creatore naturXy nec esse in nostra potestate^ sed eam nos habere etiamsi nolimua ,* duo veto reliqua^ id est^ voluntatem et actionem nostra esêe aiseritf atque ita nobis tribuit^ ut nonnisi a nobit esse contendat,,^ Nçn propter illorum trium unum, id est propter possibilitatem bons voluntatis atque operis, sed etiam propter voluntatem et operationem bonam erga nos gratta Dei prxdicanda est.,. Si ergo in hoc consenserit nobis Pelagius,,. nihil de adjutorio gratix Dei, quantum arbitror, inter nos controversisB relinquetur» »
plus prier, afin de n'entrer point en tentation Si
nous ne le voulons pas, disent-ils, nous ne péchons pas; et Dieu n'aurait point fait à Thomme un précepte de ce qui aurait été impossible à la volonté humaine. A la bonne heure, et personne ne Tignore
Mais ceux qui tiennent ce langage ne voient pas que, pour triompher de certaines circonstances où nous sommes entraînés par de coupables désirs ou des craintes coupables, nous avons parfois besoin de grandes forces, de toutes les forces de la volonté, que celui-là a prévu que nous n'appliquerions pas en tout cas dans toute leur étendue, qui a voulu qu'il fût dit véritablement par le Prophète : a Tout vivant ne sera pas justifié en ta présence*. {Ps. cxlii, 2.) »
Qu'on y prenne garde !
«( Si nous tenons de Dieu une volonté libre, qui peut d'ailleurs être bonne ou mauvaise, et si la volonté bonne est de nous ; ce qui est de nous est meilleur que ce qui est de Dieu. Que si c'est là une proposition absurde, il faut avouer que c'est à Dieu que nous devons aussi la volonté bonne ^. »
<& Le mal n'est pas une substance ; la substance c'est Dieu, et la substance par excellence, le seul véritable aliment de la créature raisonnable. En nous détournant de lui par désobéissance, nous avons produit notre infirmité ^. Mais nous détourner de lui, voilà ce qui est nôtre, voilà ce qui est la volonté mauvaise. Au con-
1. De Peccatorum meritii et remisiione^ lib. H, cap. ii cl m.