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De Gratia et Libero Arbitrio, liber nnus, eap. i et tq

2. Epistola CCXV Valentino (427). « Non êic de/endatii Kberum arbitrium, ut ex bùna opéra Bine Dei gratia tribuatis; nec tic defendatiè p-atlam, ut qnaii de illa seeuH, mala opéra ditlgatli. » Cf. Uber de Gratia Chrisii, oap. xlt, xlyii. • Qaié in eo pelê§o voit mfryl PeitH fius, unde perpetram liberatus e$tPêtre»?.. Ubidearbitrio vaianiatiê et Dei gratia diipuiatur, ita est ad ditcemendum diffieilis qamstio mtquando defenditur liberum arbitrium, negari Dei gratia videatmr; ipMndo amtem aueritur Dei gratia, liberum arbitrimk pmeiur tmfkfft. •

adultes, parce qu'elle se suffit à elle-même pour acquérir la justice.

Les anciens sages du paganisme sont acceptés par Dieu aussi bien que les hommes pieux de la nouvelle alliance.

Il est évident, dès lors, que le Pélagianisme n'admet pas sérieusement la rédemption. Jésus-Christ lui est un modèle et non un Sauveur. Jésus-Christ n'est pas même nécessaire comme modèle , puisque la sainteté parfaite a été réalisée avant son apparition sur la terre.

C'est contre ces différentes assertions que proteste saint Augustin.

Et d'abord , il est faux que la nature humaine n'ait pas besoin de médecin dans les petits enfants, parce qu'elle est saine * .

Issus d'une masse corrompue, comment ne participeraient-ils pas de cette corruption ?

On en appelle, il est vrai, avec fracas, aux enseignements de la dialectique, a Une chose qui est dans un sujet, dit-on, ne peut être sans la substance même où elle est comme dans son sujet. Et ainsi , on estime que le mal qni est dans un père, comme dans un sujet, ne peut transmettre la faute à un autre être , c'est-àdire à la descendance, où il ne parvient pas. Ce serait raisonner exactement, si le mal de la concupiscence ne parvenait point du père aux enfants; mais comme personne n'est enfanté sans ce mal , et que personne ne naît sans ce mal , comment dire que le mal ne parvient point où il passe? Ce n'est pas en effet Aristote, dont

t. De Natwa et Gratta^ cap. m

on invoque à contre-sens les Catégories , c'est l'Apôtre qui a dit : (( Le péché est entré dans le monde par un seul homme, et de là a passé dans tous les hommes [Rom.^ V, 12). » Et certes, la dialectique ne nous tromperait point, mais nous ne la comprenons pas. Ce qu'elle apprend est effectivement indubitable : les choses qui sont dans un sujet, comme des qualités, ne peuvent être sans le sujet où elles sont, par eiemple, dans un corps, la couleur ou la forme; car elles ne quittent point un sujet pour un autre , mais se communiquent. Considérez les Éthiopiens ; parce qu'ils sont noirs, ils engendrent des enfants noirs, et pourtant les parents ne transmettent point leur couleur à leurs descendants comme une tunique ; mais la qualité de leur corps se communique aux corps qui en sont issus. Il est bien plus prodigieux encore de voir les qualités des êtres corporels passer aux êtres incorporels ; et néanmoins c'est ce qui a lieu, lorsque nous saisissons en quelque manière les formes des corps qui se présentent à nos regards, les recueillant dans notre mémoire et les portant partout avec nous, où que nous allions; ces formes ne se sont pas retirées des corps, et cependant elles ont passé d'une façon merveilleuse dans nos sens qu'elles ont affectés. Et comme elles passent du corps à l'esprit, elles passent de l'esprit au corps. Les couleurs des baguettes que Jacob avait sanctifiées passèrent par impression dans l'âme des brebis, et de là, par une impression analogue, passèrent et devinrent apparentes dans les corps des agneaux. [Gen.y xxx, 37-42). Un médecin célèbre, Soranus, écrit que quelque chose de pareil peut avoir lieu dans les fœtus humains, et con-

firme son assertion par un exemple. Car il rapporte que Denys le Tyran, qui était fort laid, et qui ne voulait pas avoir des enfants qui lui ressemblassent, avait coutume de proposer à sa femme, dans l'acte de la génération, une peinture d'une rare beauté, aOn qu'elle en reçût une forte impression et qu'elle la transmit aux fils qu'elle concevrait. Dieu , de son côté , ne crée pas des natures, en détruisant les lois qu'il a données aux mouvements de chaque nature. C'est pourquoi, les vices qui sont dans un sujet, passent des parents aux enfants, non point en quittant un sujet pour un autre sujet , ce que les Catégories démontrent très-bien être impossible, mais ce qu'on ne veut pas entendre, par impression et contagion ^ »

Les enfants naissent donc affectés, on dirait presque infectés d'un vice d'origine. Comment n'auraient -ils pas besoin d'un médecin? Augustin n'hésitera pas même à conclure de ce fait la damnation des enfants morts sans baptême ^.

Mais si la grâce est nécessaire aux enfants, elle ne Test pas moins aux adultes, qui, sans son secours, ne sauraient pratiquer la justice. L'homme n'obtient sa justification que par la foi, qui est un don -gratuit de Dieu, et qui seule assure aux œuvres humaines le caractère de bonnes œuvres.

C'est ce qu'il convient d'exposer avec quelque détail.

U faut, d'après Augustin, distinguer dans la pratique de la justice trois choses :

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