De Natura et Gratta, cap. xxTi
pas aidé par la lumière, afin que se fermaot et se détournant il s'éloigne de cette lumière, mais qu'il en est aidé pour qu'il Toie, et qu'il ne peut voir qu'il n'en soit aidé : de même Dieu, qui est la lumière de l'homme intérieur, aide le regard de notre esprit, afin que nous opérions quelque bien, non point selon notre justice, mais selon sa justice. Que si nous nous détournons de lui, c^est notre fait ; et alors nous sommes sages selon la chair, alors nous allons au péché en obéissant à la concupiscence de la chair. Dieu donc nous secourt lorsque nous nous tournons vers lui ; et lorsque nous nous détournons de lui, il nous abandonne K »
La nécessité de la grâce est manifeste. Cependant, Tempire de la gr&ce étant ainsi établi , ne devons-nous pas cndndre qu'il n'anéantisse le libre arbitre? Loin de nous cette appréhension chimérique I Au contraire, c*est en établissant l'empire de la grâce, que a l'on fonde d'une manière plus soUde encore le libre arbitre. Car de môme que la loi est établie par la foi, de même le libre arbitre n'est pas annulé, mais établi par la grâce. La loi, en effet, n'est accomplie que par le libre arbitre; mais c'est par la loi que le péché est connu, c'est par la foi que s'obtient la grâce contre le péché, c'est par la grâce que l'âme est guérie du vice du péché, c'est de la santé de l'âme que vient le libre arbitre, c'est par le libre arbitre que la justice est aimée, c'est par l'amour de la justice que la loi est accomplie. Et ainsi, comme la loi n'est pas annulée, mais établie par la foi, parce que la loi obtient la grâce,