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un livre qui durera autant que f Eglise. Qu*est-ce en effet que VAugustinus, sinon le suc même de la doctrine d'Augustin? Et qu'est-ce qu'Augustin? Le personnage qui, après saint Paul, a parlé le plus divinement de la grâce, à quoi tout se ramène. « Saint Augustin, disait Sain t-Cyran, dans un mémorable entretien avec Le Maître, saintAugustinestle premier des Pères latins. Toutes see paroles sont des effusions de sa vertu. Ce sont des livres qui sortent de sa chaleur. Unde ardet^ inde lucei^. b
Et, à la voix de Saint-Cyran, s'élève, grandit cet Augustinianisme enflammé, cet esprit de Port-Royal, qui s'appelle légion.
Arnauld et Pascal en sont les principaux champions.
Tandis qu'à la suite d' Arnauld et son collaboraleur subjugué, mais non pas soumis^, Nicole répand en d'admirables traités les trésors d'observation morale que lui a légués saint Augustin ; tandis que dans de nombreux écrits, ou signés ou pseudonymes*, il reproduit les doctrines de l'évéque d'Hippone , notamment
qu'un esprit moins éclairé que celui de M. Vincent eût eu peine à 8*en apercevoir. Ce fidèle serviteur de Dieu fut d'abord surpris d'entendre une
doctrine et des maximes si extraordinaires Un jour, étant tooitié en
discourant ensemble sur quelque point de la doctrine de Calvin , il Tut Tort étonné de voir cet abbé prendre le parti et soutenir Terreur de cet hérésiarque. Sur quoi, lui a}fant représenté que cette doctrine de Calvin était condamnée de l'Église, l'abbé lui répondit que Calvin n'avait pas eu tant mauvaise cause, mais qu'il l'avait mal défendue, et il ajouta ces paroles latines : ce Bene sensit , malc locutus est. »
1 . Mémoires pour servir à VHistoire de Port-Royaly par M. Fontaine. Cologne, 1753; 4 vol. in-18, t. Il, p. 58.
2. Voy. Apologie de M. Nicole ^ sur le refus qu'il fit t en 1679, de ^unir à M. Arnauld, Amsterdam , 1734, in- 1 2 .
3. DelaPerpétmtédelaFoi; Défense des Provinciales; Logique de Part-' Royal; Traité de la Soumission ù la Volonté de Dieu ; Essais de morale, etc.
INFLUENCE DE S. AUGUSTIN AU XVll* SIÈCLE. 495
cette doctrine d'une raison universelle, laquelle est en Dieu, laquelle est Dieu lui-même, éclairant tous les esprits d'une môme lumière * ; Tauteur de la Fréquente Communion défend en toute rencontre, on dirait presque contre tout venant, les enseignements du Docteur de la Grâce. Nous n'avons pas à raconter les combats qu'eut à soutenir, jusque dans l'exil, ce lutteur infatigable auquel ses amis décernèrent le titre emphatique de grand, ni à rappeler avec quelle opiniâtre vigueur il sut justifier sa fière et sainte devise : « Mihi autem adhœrere Deo bonum est. )> « Mais pour moi, mon bien est de rester attaché à Dieu''. » Il est néanmoins impossible de passer sous silence un épisode plus particulièrement philosophique et augustinien de la polémique prolongée dans laquelle se consumèrent ses jours.
En 1641, le Père Antoine Sirmond avait écrit une Défense de la Vertu, où se fondant sur. l'autorité des Pères, et notamment de saint Thomas, il avançait que l'amour de Dieu se réduit à l'observation des préceptes. L'annéesuivante, venantàl'appuidecette thèse, LaMothe Le Vayer publiait son livre De la Vertu des Païens *.