‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 45 sur 539 · De CivitateDeif lib. XI, cap. xxv · texte numérisé non relu

De CivitateDeif lib. XI, cap. xxv

si à la connaissance de Dieu il joint la connaissance de l'âme, s'il veut même que l'étude de l'âme précède l'étude de Dieu, cela tient à deux motifs très-différents.

En premier lieu, la connaissance de nous-mêmes nous est nécessaire pour nous humilier.

Kn second lieu, nous ne pouvons connaître Dieu que dans notre âme.

La philosophie, telle que la conçoit Augustin, est donc animée d'une double tendance, d'une tendance théologique et d'une tendance psychologique. Or, constater la double tendance qui sollicite l'évêque d'Hippone, c'est assigner du môme coup les caractères de la méthode qu'il emploie.

On ne peut s'empêcher de le reconnaître. Si l'on considère la philosophie d'Augustin dans la série complète et surtout dans l'expression dernière de ses développements, sa méthode est expressément théologique, et môme, à certains égards, mystique. 11 distingue, en effet, la connaissance de ce qui est dans le temps de la connaissance de ce qui est éternel, et professe que cette dernière connaissance est le privilège exclusif des bons. Il déclare que ce n'est pas la science humaine qui conduit à la félicité, mais la connaissance vivante de Dieu. D'après lui, enfin, c'est moins l'esprit que le cœur qu'il importe de consulter. Car le cœur est tout l'homme. L'amour et l'humilité, voilà les deux principales sources du savoir. Ajoutez-y une sainte horreur de la liberté de langage qui se rencontre trop souvent chez les philosophes ^ et un inaltérable respect des mystères

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