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INFLUENCE DE S. AUGUSTIN AU XVIl" SIÈCLE. 203
qui apprend continuellement \ » n'est-il pas clair que c*est à Augustin qu'il doit Tidée de cet homme universel? Ce sont là sans doute comme des lieux communs d'éloquence où auraient pu se rencontrer deux des hommes les plus éloquents qui aient jamais été, mais où l'un se montre évidemment l'inspirateur de l'autre.
Quant à Arnauld, saint Augustin est son tout, presque son Dieu. 11 ne parle, il ne dogmatise, il ne dispute, il ne conseille qu'au nom de saint Augustin. Tous ses écrits, jusqu'à ses lettres familières*, ne sont qu'une sorte d'exégèse des ouvrages de l'évéque d'Hippone.
Aussi, dans la Logique ou Art de penser , dont Arnauld fut avec Nicole le rédacteur, l'influence augustinienne se tradultrelle par des précisions. La distinction de l'autorité et de la raison ; toute la théorie de l'origine des idées; toute la doctrine de la certitude fondée sur la conscience, et de la science rapportée à l'entendement, non aux sens; la distinction de l'idée de la chose et de l'idée du son, c'est-à-dire l'analyse du langage; l'analyse de la sensation, mille autres détails enfin y sont empruntés à saint Augustin. Grâce à Nicole qui corrige le sentiment professé par Tauteur du Traité des vraies et des fausses idées^ que nous ne voyons pas en Dieu les premiers principes * ; la Logique de Port-Royal est, à d'essentiels égards, vraiment augustinienne.