J{épon«f à la Criluiue de la Critique ^ etCm» p
2. Vuy. ci-(le88us, liv. H , chap. i, H. Des Sources grecques etofiem^ talet de la Philosophie de S. Àuguttin.
3. Beeueil de quelques pièeei curieuses emicemtmt ta philo90phi9 éê M» Descartes ; p. 1, Concordat entre Us Jésuites et le» Pért9 de FOra* toire, 1G78. M. l'ubbé Ëmcry, dans ses Pensées de Descartes sur ia religion et la morale , Discours préliminaire , p. cj, conteste l'authmlicite de ce concordat. « Bayle, écrit-il, fll Imprimer, en 1684, un recueil de pièces concernaDt la phitaaophlt carUtiesne , et y tnaéra te règlement de l'Oratoire en entier. Il lui donaa pour titre : Concordat entre les Jééuites ^ etc.^ et suppose que les Jésuites avaient forcé lea prêtres de TOraluire h signer cette pièce. Mais c'est une pure imagination de cet auteur, et une suite de l'opinion qui attribuaK fanf de crédit aux Jétnites , et les renda&l auteurs et toutes laa mesurea rigeureuses qui avaient trait au Jansénisme. La preuve que las Jésuilea n'avaient ni directement ni indirectement forcé les Oratoriens de renoncer à la doctrine de Descartes, c'est quMls n'y avaient pas renoncé euxmèmts; c'est qu'on ne voit aucun règlement parmi eux qui lear ait défendu d'enaeigner cette philosophie ; t'est que, de fait, eUe n'a pa» eMié d'être enseignée dans une partie au moins de leurs collèges, el que ai on a vu alors quelques Jésuites, comme le P. Le Valois et le P. Daniel, le déclarer contre le Cartésianisme, d'autres Jésuites continuèrent de lui être favorables. » Comment M. i'ubbi^ Émcry aurait-il expliqué la persécution pourtant avérée du P. André?
INFLUENCE DE S. AUGUSTIN AU XVII* SIÈCLE. 23d
avec le MalebraDchisme T Augustinianisme. « 11 faut enfin venir à saint Augustin, écrivent-ils dans le manifeste philosophique qu'ils rédigent pour obtenir la soumission du P. André. Véritablement, on est obligé d'avouer qu'il a inséré dans ses ouvrages un peu trop du Platonisme qu'il avait étudié avant sa conversion. Il est vrai même que les savants qui ont fort estimé le livre du P. Baltus y ont trouvé à redire qu'il eût un peu trop dissimulé le Platonisme de saint Augustin \ Il est vrsd aussi que saint Augustin avait beaucoup lu Plotin el Porphyre, et il a plutôt suivi la manière dont ces deux auteurs ont expliqué ce que Platon avait dit des idées, que la doctrine de Platon même... Ce sont là les Platoniciens dont il a voulu christianiser la doctrine. Cependant il est trè^aisé de faire voir que ce Platonisme n'a rien de commun avec le fanatisme du P. Malebranche ^. »
Nous n'avons point à entrer dans le détail de la fameuse querelle que Malebrancbe eut à soutenir avec Arnauld et qu'il s'attira, selon toute apparence, pour n'avoir point caché qu'à son sens l'Augustin véritable différait de l' Augustin de Jansénius^. Nous n'avons
1. Le P. Dutertre» (kos sa Réfutation de Malebranche, reproche à s. Augustin 800 Platonisme. Le P. Hardouin ettt encore plus vir contre s. Augustin dans les artlclcB des Athei detecti , qoll consacre à li»sénlus et à Aokl^rotiua Victor.
3. Cr. M. Cousin , Introduction aux Œuvres philosophiques du P. Andréa p. glxxvii.
a. Cf. MalebrancN, 1. Il, p. 29S, Traité de la Nature et de la Grâce, Extrait d'une lettre à un de ses omis : « U n'y a i^iol de livre oà ii j ait plus «la pmagai da S. AuguatUi ^ue dana l'AuguuiUii de Jansénius; et cependant on n'est pas trop convaincu ()uc l'Auguatio da
pas davantage à nous arrêter à la controverse plus théologique que philosophique, que dirigea contre le sublime penseur de TOratoire Fénelon, inspiré par Bossuet Qu'il nous suffise de remarquer que dans la Réfutatimi du Système du P. Malehranche sur la Nature et la Grâce ou le Livre des vraies et des fausses idées^ de même que dans les Éclaircissements ou les Réponses à M, Arnauld\ c'est à saint Augustin que, de part et d'autre, sont empruntés les arguments qu'on fait valoir. Passons maintenant de la philosophie de Mâlebranche à celle de Fénelon et de Bossuet, et demandons-nous quelle influence ont exercée sur ces deux grands esprits les doctrines philosophiques de Tévéque d'Hippone. Là encore nous aurons à constater une fois de plus, l'étroite alliance, au dix-septième siècle, du Cartésianisme et de l'Augustinianisme. Car, si FéneloD et Bossuet révèrent particulièrement dans saint Augustin l'évéque; si sa doctrine leur est en elle-même considérable, nul doute aussi que dans leurs préférences ils ne rapprochent l'auteur des Confessions et de la Cité de Dieu^ du métaphysicien De la Méthode et des Méditations, Augustiniens déclarés, ils sont eo même temps Cartésiens.
Circonstance curieuse à noter ! Fénelon n*a pas été seulement l'adversaire de cet illustre Augustinien qui se nomme Malebranche. 11 s'est fait le tenant des Je-
cet évèque soil conrorme au véritable CerlaioeB gens oéanmoint
regardent l'Augustin prétendu comme leur unique mattre, comme leur raison et la règle de leur Toi. »
1 . Cf. Recueil de toutes let Réponêes du P. MalebroHche à M* Amamid Paris, 1709, 4 vol. in-12.
suites contre Port-Royal, c'est-à-dire contre l'Aiigustinianisme vivant et armé. Dans une Instruction Pastorale en forme de dialogues^ adressée au clergé et au peuple de son diocèse \ ses visées ne sont allées à rien moins qu'à réfuter les Provinciales. Avouons que sa plume vieillissante, en reproduisant le cadre littéraire qu'avait employé Pascal, n'a su en renouveler ni la vivacité piquante, ni les grâces^. Mais, en revanche, il ne se peut rien ouïr, à l'endroit des Jansénistes, de plus dur que son langage, a Les Jansénistes, écrit-il, semblables aux Juifs, qui ont perdu toute route marquée, attendent une délivrance chimérique. Ils se flattent des événements les plus odieux. Ils lisent le texte de saint Augustin comme les Juifs lisaient celui de l'Écriture, ayant un voile sur le cœur. De même que les Juifs criaient : Le temple du Seigneur lie templedu Seigneur I
1 . Celle Instruction est divisée en Irois parties : Première partie , qui développe le système de JanséniuSf sa conformité avec celui de Calvin sur la délectation , et son opposition à la doctrine de S, Augustin, — Deuxième partie, qui explique les principaux ouvrages de S. Augustin sur la grâce, Cabus que les Jansénistes en font , et l'opposition de leur doctrine à celle des Thomistes, — Troisième partie, qui montre la nou» veauté du système de Jansénius , et les conséquences pernicieuses de cette doctrine contre les bonnes mœurs,
2. c Si l'on doute du grand pouvoir de l*art du dialogue sur les tiommes , on n'a qu'à se ressouvenir des profondes et dangereuses impressions que les Lettres à un Provincial ont faites dans le public. L'auteur s'y est servi du jeu du dialogue, poar donner au lecteur les préventions les plus sérieuses. Il donne à une erreur affreuse Je ne sais quoi de louchant et de gracieux. Il écarle toutes les épines et sème son cliemin de fleurs. Le venin coule de sa plume avec une douceur flat* teuse qui enchante l'esprit. Faut-il que les enfants des ténèbres soient plus ingénieux pour le mensonge, que les enfants de lumière ne le sont pour. la vérité? » Instruction pastorale; Préambule.
le tempk du Seigneur! ceux-ci crient cent et cent £h6: La céleste doctrine de saint Augustin '. »
Quoi qu'il en soit, ce D*est qu'un Ai^gy^fiianiflmf outré et dénaturé que croit poursuivre de la sorteFéAelûB. Car, nul ne met plus haut que lui Tévéque d'Hijppooe et ses enseignements. Il est môme parfois rempli pour Augustin philosophe d'un tel enthousiasoLe qu'on pourrait, à bon di^oit, le taxer d'exagération, u II est vrai> remarque-t-il dans une de ses Lettres sur la métaphysique^ il est vrai que saint Augustin a écrit dajBs uo mauvais temps pour le goût. Sa manière d^écrire s'en ressent. Il a écrit sans ordre, à la h&te et avec uo excès de fertilité d'esprit, à mesure que les besoins d^instruîre ou de réfuter le pressaient. Platon et Descartes n*ODt eu qu'à méditer tranquillement, et qu'à écrire à loisir pour perfectionner leurs ouvrages : cependant ces deux auteurs ont leurs défauts. Par exemple, que peuton voir de plus faible et de plus insoutenable que les preuves de Socrate sur l'immortalité de l'âme ? D'ailleurs ne le voit-on pas flottant et même incertain pour les vérités même les plus fondamentales, sans lesquelles sa morale porterait à faux ? Qu'y a-t-il de plus défectueux que le monde indéfini de Descartes ? Si on ra^ semblait tous les morceaux épars dans les ouvrages de saint Augustin, on y trouverait plus de métaphysique que dans ces deux philosophes. Je ne saurais trop admirer ce génie vaste, lumineux, fertile et sublima ^. »