Instruelion pastorale ; Préambule
2. OEuvreê philasophiquei, p. 27 1 ; Lettres sur divers tvjets ée Mé^ taphffsique et de ReHgion, lettre v; CT. leUre it.
Il était bien impossible qu'un admirateur à ce point passionné de saint Augustin n'eût pas «hercbé à s'approprier ses principes. Aussi découvre-t-on de nombreuses traces d'Augustinianisme dans les écrits philosophiques de l'archevêque de Cambrai, partû^ulièrement dans son Traité de l'existence de Dieu et dans ses Lettres sur divers sujets de métaphysique et de religion. Notons, entre autres, les rapprochements suivants :
l"" Alors même que Féaek)n ne oit^ait pas aomînativement saint Augustin pour autoriser la théorie qu'il propose des deux raisons ou des idées, sa doctriiie et son langage eu un tel sujet trahiraient à chaque instant sa familiarité avec les écrits de l'évêque d'Hippone. « Ces idées immuables que nous portons au dedans de nous-mêmes ; » « ce maître intérieur, qui nous fait taire, qui nous fait parler, qui nous fait croire, qui nous fait douter, qui nous fait avouer nos erneurs ou confirmer nos jugements, et dont la voix se Cait entendre d'un bout de l'univers à l'autre ; » a cette pure et douce lumière qui non-seulement éclaire les yeux ouverts, mais qui ouvre les yeux fermés; » « ce soleil des esprits, qoi les éclaire tous, beaucoup mieux que le soleil visible n'éclaire les corps ; » « ce soleil de vérité, dont ua homme ne peut jamais dérober les rayons à un autre homme, et qu'on voit également en quelque coin de l'univers que l'on soit caché; » « cette raison parfaite, qui est si près de nous et si différente de nous ; » a celle raison qui est Dieu même ; » ce sont là autant de données que Fénelon emprunte à saint Augustin. Ajoutez-y de brillantes ou subtiles digressions sur l'imagination et
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sur les nombres. Pour qui a pratiqué saint Augustin, l'imitation de Fénelon est presque littérale '.
2"" Sans formuler, non plus que saint Augustin, une théorie de la mémoire, Fénelon s'extasie à propos des merveilles de cette faculté et les décrit avec une éloquence dont il dérobe à saint Augustin les traits les plus saillants et les plus fines observations, a Mon cerveau est comme un cabinet de peintures dont tous les tableaux se remueraient et se rangeraient au gré du maître de la maison...» «Toutes ces images se présentent et se retirent comme il me plaît sans faire aucune confusion : je les appelle, elles viennent ; je les renyoie, elles se renfoncent je ne sais où; elles s'assemblent ou se séparent, comme je le veux. Je ne sais où elles demeurent, ni ce qu'elles sont ; cependant je les trouve toujours. » ((De ce trésor inconnu sortent tous les parfums, toutes les harmonies, tous les goûts, tous les degrés de lumière, toutes les couleurs et toutes les nuances^ enfin toutes les figures qui ont passé par mes sens, et qu'ils ont confiées à mon cerveau ^. »
3® Le Traité de l'Ame et de son origine par Augustin fournit à Fénelon les arguments préférés par lesquels il établit sinon la distinction de l'âme et du corps, du moins (d'empire absolu de l'âme sur des organes qu'elle ne connaît pas, et l'usage continuel qu'elle en fait sans les discerner^. »
4® La doctrine de Fénelon relativement au libre ar-
1. Œuvres philosophiques, p. 51-60; Traité de l'Existence de Dieu, l""® partie, chap. il.