Ibid
vérité^ et ils me parlaient continuelleraent de cette vérité qu'ils ne possédaient pas, se trompant non-seulement sur vous, qui êtes la vérité même , ô mon Dieu ! mais encore sur les principes de ce monde, votre créature.... 0 vérité, vérité ! combien même alors mon âme soupirait profondément vers vous, tandis que ces hommes faisaient retentir à tout instant votre nom à mon oreille, mais des lèvres seulement, et dans leurs innombrables écrits ! ' » Captif et étouffé dans des imaginations corporelles ^, brûlant de quitter tout le i^esta pour la recherche de la vérité ', et pourtant n'abandonnant rien de ses plaisirs, parce qu'il n'aperçoit rien de certain où s'attacher après les avoir abandonnés * ; Augustin lutte en gémissant et s'écrie dans l'amertume de son cœur : « Jusques à quand, jusques à quand? » Les livres des Platoniciens lui ouvrent eofinles yeux.
<c Ayant tiré de ces connaissances un avertissement salutaire de revenir à moi, j'entrai en moi-même dans le plus secret de mon cœur et de mes pensées, et je me trouvai capable de le faire, parce que je fus aidé de votre secours, ô mon Dieu. J'entrai donc ainsi en moimême, et avec l'œil de mon âme, quoiqu'il n'eût encore que peu de clarté, je vis au-dessus de ce même œil de mon âme, et au-dessus de la lumière de mon esprit la lumière immuable du Seigneur, et cette lumière n'était pas celle que nous voyons, ni quelque autre de même nature, mais qui aurait été seulement plus grande, plus
f. Confeaionum lib. UI, cap. vi.