‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 51 sur 539 · Epist, I, HêrmfHieninno · texte numérisé non relu

Epist, I, HêrmfHieninno

DES IDÉRS. 98

buissons les eaux pures du Platonisme aliu de les faire servir au rafratchissement de quelques âmes d'élite, au lieu de les laisser s'échapper dans la plaine, où d'immondes animaux en auraient troublé le limpide courant. Car le moyen de ne pas assimiler aux bétes les hommes qui affirment que Tàme est corporelle '? »

Augustin juge d'ailleurs opportun de rendre à leur libre cours les eaux fécondantes du Platonisme. C'est pourquoi il croit nécessaire de combattre la doctrine vulgaire de l'Académie^ qui, voisine de la doctrine stoïcienne, soutient qu'il n'y a point de certitude ; que le sage ne doit jamais accorder son assentiment, mais qu'à défaut de la science, il faut suivre l'opinion, et dans notre ignorance invincible du vrai^ nous attacher au vraisemblable et au probable.

Et d'abord, saint Augustin le remarque avec à-propos. 11 y a dans cette doctrine académique du doute, du vraisemblable, du probable, une flagrante contradiction *. En effet, comment douter, sinon parce qu'on entend ce que c'est que la vérité? Comment douter, sinon parce qu'entendre le vrai, c'est être certain de cela même qu'on entend? Comment, en un mot, juger du vraisemblable sinon par le vrai, et du probable sinon par le certain ?

a La règle suivante est infaillible : quiconque comprend qu'il doute, comprend le vrai, et est certain de cela même qu'il comprend; il est donc certain du vrai. Donc quiconque doute s'il y a une vérité, a en lui-même

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