Contra Academicos t lib. III, cap. \i. li. lOid., ibid
pas pris garde. Comment, en effet, accuser les sens de ce qu'un furieux conçoit de fausses imaginations, ou de ce qu'en songe nous avons des visions mensongères ? Si les sens disent juste à l'homme sain et éveillé, pourquoi les charger des erreurs d'un esprit endormi ou malade ?
Il reste donc a savoir si réellement les sens nous fournissent d'eiactes informations , lorsqu'ils sont laissés à eux-mêmes. Or, « répondrait avec raison un Epicurien : Je n'ai point à me plaindre des sens, et il est injuste d'exiger d'eux plus qu'ils ne peuvent. Ainsi tout ce que peuvent voir les yeux, ils le voient vraiment. Quoi ! ce qu'ils voient d'une rame plongée dans Teau est vrai? Parfaitement vrai. Etant donnée la cause qui produit cette apparence, si la rame plongée dans l'eau paraissait droite, ce serait bien plutôt alors que j'accuserais les yeux de me tromper. Car ils ne verraient pasce qu'ilsdoivent voir en une semblable circonstance. La même observation s'applique à une foule de cas analogues. Et cependant, direz-vous, si je me fie à mes sens, je me trompe. Eh bien ! n'accordez créance à vos sens qu'en ce qui concerne les apparences, et vous n'éprouverez aucune déception. Le moyen, en eft'et, qu'un Académicien puisse réfuter celui qui dit : je sais que cela me parait blanc ; je sais que mon oreille est charmée ; je sais que mon odorat perçoit d'agréables odeurs ; je sais que mon palais goûte des saveurs qui le flattent ; je sais que je trouve cela froid * ? »
En un mot, les sens contre lesquels on déclame ne