‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 63 sur 539 · I. De divrrsis Qito'stionibii'i LXXXIII, qn.Tsl. XLVi · texte numérisé non relu

I. De divrrsis Qito'stionibii'i LXXXIII, qn.Tsl. XLVi

108 eu APITHE 1.

artisan. Or s'il a fait toutes choses avec couuaissancé, il est hors de doute qu*il a connu ce qu'il a fait. D*où Ton peut conclure une chose merveilleuse mais véritable, que nous ne connaîtrions point ce monde s'il n*était, au lieu qu'il ne pourrait être si Dieu ne le connaissait ^ » Et de même qu'en Dieu sont les uniyersaux, en Dieu se trouvent aussi les idées des individus, parce que les choses particulières elles-mêmes ont leurs idées. «Vous me demandez, écrit Augustin à Nébride, si cette vérité souveraine, cette sagesse et forme suprême des choses, par laquelle tout a été fait, et que nos saintes Écritures proclament le fils unique de Dieu, contient la raison de l'homme en général, ou aussi la raison de chacun de nous. C'est là une grande question. Il me semble que pour ce qui est de la création de l'homme, c'était la raison de l'homme en général qui s'offrait à l'intelligence de Dieu, et non point celle de mon être ou du vôtre en particulier ; mais si nous nous reportons à l'ordre des temps, il faut reconnaître que dans cette pure lumière subsistaient les raisons diverses des hommes.... Ainsi tout homme, il est vrai, a été fait sous la raison même d'homme. Néanmoins, pourqu*un peuple fût créé, quoique la raison de peuple soit une, il a été nécessaire qu'il y eût la raison non plus d'un homme, mais d'un certain nombre d'hommes. C'est pourquoi, si Nébride est, comme il est en efiTet, une partie du tout qui est l'univers ; attendu qu'il n'y a pas de tout qui ne résultede ses parties. Dieu, auteur de l'univers, n'a pas pu ne pas concevoir la raison de ces parties *. »

Page 1