‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 69 sur 539 · I. De Ciritafe Dei, \\h. XI, cap. xxix · texte numérisé non relu

I. De Ciritafe Dei, \\h. XI, cap. xxix

réclairait, lorsqu'elle déclarait tout haut et sans aucune hésitation que rimmuable vaut mieux que le changeant. Elle connaissait donc cet immuable : car si elle ne Teùt pas connu, elle n*eîit pu le préférer ayec tant de certitude à sa propre mobilité, et parvenir à cet ob* jet que Ton ne contemple qu*un instant et avec des regards tremblants^. »

En conséquence, il est nécessaire que TAme se donne une certaine éducation; il est indispensable qu'elle suive une certaine méthode et affermisse peu à peu ses débiles regards, de même qu*on accoutume avec ménagement des yeux malades à supporter Téolat du jour. a C'est qu'il y a en effet une ineffable et incompréhensible lumière des esprits. Que la lumière matérielle nous apprenne en quelle sorte il convient d'user de cette lumière intelligible. Il se rencontre des yeux tellement sains et fermes, qu'ils n'ont qu'à s'ouvrir pour se tour* ner aussitôt vers le soleil, sans être offusqués. La lumière fait comme leur santé. Il y en a d'autres, au contraire, que blessent les clartés mêmes qu'ils désirent ardemment contempler, et qui, sans les avoir aperçues, se replongent souvent avec délices dans la nuit. Pour de tels yeux, quoiqu'on puisse déjà à la rigueur les déolarer sains, il est dangereux de vouloir leur montrer ce qu'ils ne sont point encore en état de voir. Il convient d'abord de les exercer, et tout en nourrissant leur amour, de différer de le satisfaire. Que Ton commence donc par leur présenter des objets qui par eux-mêmes ne sont pas lumineux, mais que la lumière peut manifes^

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