‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 68 sur 539 · Ibid. cap · texte numérisé non relu

Ibid. cap

création sont auti*ement connues des anges, dans le Verbe de Dieu, où elles ont leurs causes et leurs raisons éternellement subsistantes et selon lesquelles elles ont été faites , qu'elles ne peuvent être connues en ellesmêmes*. »

D'autres fois, Augustin observe que ce n'est pas du premier coup, par une simple et vive intuition, que TAme peut s'élever à la contemplation de cette divine lumière qui lui rend manifeste toute vérité. Il marque alors les degrés qu'il lui faut franchir pour gagner peu à peu ces sublimes hauteurs.

« Cherchant, écrit-il, d'où venait en moi la faculté d'apprécier la beauté dans les corps terrestres ou célestes, et de juger immédiatement des choses qui passent, en disant : «c C'est ainsi, ce n'est pas ainsi ; » cherchant donc d'où me venait cette faculté, j'avais trouvé au-dessus de ma pensée mobile et inconsistante la vérité immobile. Et ainsi, je m'étais élevé graduellement des corps à la partie de Tâme qui sent par le moyen des organes ; de là à cette force plus intime, à laquelle les sens viennent rendre compte des choses extérieures, et qui se rencontre également chez les animaux ; et de là enfin à cette puissance raisonnante qui forme des jugements avec les matériaux que lui fournissent les sens. Mais cette puissance, à son tour, se sentant encore sujette au changement, s'était élevée jusqu'à Tintelligence pure, et s'affranchissant de l'habitude, s'arrachant à la foule des fantômes contradictoires qui Tenvahissaient, cUe avait cherché d'où lui venait cette lumière qui

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