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et le mouvement des corps, mais pour laquelle nous ne nous lions pas à eux? Elle se trouve dans ce qui est supérieur au corps, dans Tàme ou dans ce qui est audessus de rame \ »
C'est qu'il y a deux sortes de nombres : les nombres sensibles et les nombres intelligibles, «i Ceux-ci peuvent être augmentés à Tinfini, mais non pas diminués à pi*oportion, puisqu'il n'y a rien au-dessous de la monade ou de l'unité. Les nombres sensibles, au contraire, tels que sont la quantité et l'étendue des corps, peuvent être diminués, mais non pas augmentés à l'infini. Et de là vient sans doute que les philosophes ont placé l'être avec tant de raison dans les choses intelligibles, et dans les choses sensibles le non-étre... Ainsi encore, quiconque entend ces nombres intelligibles, n'aime rien tant que la monade ou l'unité ; et cela n'est point merveilleux, puisque c'est par elle que les autres nombres sont aimés^. »
Saisie dans l'âme, l'idée d'unité est ensuite appliquée au monde des corps, dont elle nous révèle l'ordre invariable. Car les corps sont disposés d'après des nombres, et ces nombres se ramènent tous à une unité qui est harmonie. Voyez! Y a-t-il une seule plante, dont les développements ne parcourent point des intervalles égaux? C'est avec des progrès proportionnés à sa semence qu'elle germe, qu'elle pointe, pousse des feuilles, s'affermit, puis porte des fruits ou offre dans les nombres cachés de son bois même les éléments d'une nouvelle
I. De Muêica, lib. VI, cap.xii. Traduction de M. Vllleiuuiii. 3* Epht, 111, NebridioiZ^I ,
semence. Que si Too passe aux corps des animaux, comment ne pas admirer encore davantage dans la juste disposition de leurs membres la puissance des nombres? Enfin, se peut-il rien concevoir de plus vil et de pliu» abject que la terre? La terre est vraiment la forme rudimentaire du corps? Et cependant on y rencontre Tuaité, les nombres, Tordre. Car partez du point, et quelque imperceptible que soit la particule de matière que vous imaginiez, elle s'étendra nécessairement en longueur ; à la longueur s'ajoutera en troisième lieu la largeur, et quatrièmement à la largeur la profondeur. A cette eondition seulement vous aurez un corps. Or, d'où vient cette progression de la première à la quatrième évolution? Comment expliquer cette corrélation qui fait que le même rapport qui existe entre le point et la ligne, se retrouve entre la longueur et la largeur, et aussi entre la largeur et la profondeur? D'où viennent, dis^je, toutes ces proportions, sinon de cette suprême et éternelle puissance des nombres , de la ressemblance, de l'égalité, de Tordre <?
Biais, que cet ordre est brut, pour ainsi parler, et que nous sommes loin d'entendre la puissance des nombm, si nous nous bornons à considérer la masse des oorpt ! Considérons plus avant le spectacle des choses. Contenir pions la beauté dans le monde, contemplons-la danslfs arts, et aussitôt nous verrons resplendir l'éterneUe et substantielle unité. Effectivement, qu'appelons -anus beau? Les ehoses sont belles à nos yeux, qui ont du nombre et de la mesure ; dont la forme estrunité. L'u-