PRÉFACE. IX
n'écrit et tout son effort consiste a autoriser de citations augustiniennes les formules du dogmatisme auquel il s*est rangé.
En mettant au concours la philosophie de saint Augustin; ses sources, son caractère; ses mérites et ses défauts ; son influence^ et particulièrement au dix-septième siècle^ TÂcadémie des sciences morales et politiques n'a point demandé simplement qu'on refit sur un plan nouveau la compilation du pieux Oratorien. Le travail qu'elle réclame, est, de tous points, fort différent. Évidemment, la connaissance des textes doit en être la base. 11 ne suffirait même pas de s'en tenir aux ouvrages de saint Augustin , où éclate le plus particulièrement sa pensée philosophique. Ce sont ses œuvres complètes qu'il s'agit d'explorer; c'est dans la collection volumineuse dont nous sommes redevables au patient labeur des Bénédictins^ qu'il est nécessaire de s'enfoncer résolû-
1. Sancti Anrelii Auijuslini Hipponetisis epûcopi Opéra omnia^ post Lovaiiieusium thcologorum reccnsioncm, castitjata denuo ad manuscripioi rodicfn fjaUkos, vaticanos^ belgicos^ efc, uectwn ad editiona antiquiO' ret rt castigatioreSf opéra et studio Monuchorum ordinis sancti Beuedieti e cotnjregationc S, Mauri, Editio uovissima , emeudala et avctior^ accurante J. P, Migue, Pariiiis, 1841-1849, 12 vol. in-4<>. Il faut joindre à celle collecliun le volume in-folio des Sermons inédits^ trouves au Monl-Cassin cl à Florence, et qu'en 1842 a publié à Paris l'abbé Caillan.
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ment. Car alors même que saint Augustin s'exprime en interprète de la foi, il ne cesse presque jamais d'en appeler à la raison. Ajoutez qu'il serait arbitraire de choisir parmi ses écrits, et qu'on ne peut se flatter de posséder exactement sa pensée , qu'autant qu'on a pris à tâche de la suivre , en tenant compte des dates, dans ses di-verses évolutions. D'autre part, pour scrupuleuse que fût cette exposition, elle ne répondrait qu'imparfaitement au programme proposé, si elle ne se terminait par un examen à la fois historique et critique de la philosophie de saint Augustin. De la sorte, il devient nécessaire de démêler avec soin, dans les doctrines de Tévêqued'Hippone, les éléments d'emprunt et les parties originales. Il faut ensuite en considérer les développements et en constater les résultats. On ne peut enfin se dispenser, quelque vénération qu'impose ce pur et sympathique génie, de se prononcer nettement sur la valeur de ses théories.
Une longue familiarité avec saint Augustin me détermine à aborder cette tâche, qui, malgré des travaux considérables \ offre encore bien des par-
1. Citons notamment, de nos Jours, en France : les pages ^ineelantes que M. Villematn a consacrées à saint Augustin, dans son Tabiean de C éloquence chrétienne au quatrième siècle ; en Allemagne, après Brucker, Hittoria criiica philotophiœf Période II, pars U^ Ui). I,