‹ La philosophie de Taine: essai critiqueChapitre 108 sur 181 · Ibidem, pp · texte numérisé non relu

Ibidem, pp

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non pas la représentation d'intérêts individuels, égoïstes et gloutons. Or, la représentation pour être réelle et effective doit être naturelle ; en effet, <( représenter une personne ou une société grande ou petite, n'importe de quel genre, c'est la rendre présente là où elle n'est pas, décider, commander, faire à sa place et pour elle ce que, par absence, ignorance, insuffisance, ou tout autre empêchement, elle ne peut faire qu'en substituant à sa volonté incapable la volonté capable de son représentant... Ainsi dans les affaires publiques comme dans les affaires privées, mon véritable représentant est celui dont les décisions s'appuient sur mon adhésion ferme. — Que cette adhésion se manifeste ou non par un vote, peu importe ; les votes, les suffrages comptés sont de simples signes. L'essentiel est que l'adhésion soit et subsiste, écrite ou non ' bruyante ou muette. » Or, cette adhésion ne sera acquise aux représentants que s'ils sont naturels, c'est-à-dire s'ils ont naturellement qualité pour vouloir au nom de la personne ou du corps qui les charge de son mandat. Alors, « les représentants, étant naturels, sont effectifs ; l'adhésion qui les soutient, n'est pas glissante mais ferme. Ce sont bien ceux-là que le public veut à la tête des affaires, et non d'autres...

Chaque paroisse ou district connaît les siens ; un journalier les distingue aussi aisément que ferait un homme cultivé. Ils sont comme les cinq ou six plus grands arbres de Tendroit, reconnaissables au port et à la taille ; tout le monde jusqu'aux enfants, s'est reposé sous leur ombre et profite de leur présence. A défaut de lumières et de discernement fin, l'intérêt, l'habitude, la déférence et parfois la gratitude suffiraient pour rallier sur eux les suffrages ; car ce sont des prises tenaces que celles de la tradition, du sentiment et de Tinstinct... ^ » Cette représentation naturelle devient alors le principe d'une organisation sociale très parfaite ; tous les intérêts sociaux s'y trouvent garantis et par leur réunion nécessaire, ils s'harmonisent en se contrebalançant : chaque groupe <( sacrifie quelque chose de son privilège, et tous ces privilèges qui transigent entre eux et se soutiennent les uns les autres, composent par leur réunion, les libertés publiques ^. »

La tendance centralisatrice, dans les pays

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