‹ La philosophie de Taine: essai critiqueChapitre 109 sur 181 · Les origines. Ancien Régime, p · texte numérisé non relu

Les origines. Ancien Régime, p

d'organisation démocratique, aboutit encore à d'autres conséquences dommageables au point de vue de l'organisation sociale. Le législateur y professe un esprit de défiance systématique vis-à-vis de l'association. Quand on affirme l'universelle compétence de l'Etat, et qu'on légitime son omnipotence, on ne tolère pas l'existence d'associations indépendantes ; elles restreindraient cette compétence et limiteraient cette omnipotence. Or, c'est là un mal, car « il est bon qu'il y ait à côté de l'Etat toutes sortes d'associations indépendantes : églises, sociétés de commerce, de charité, de science, de propagande politique ou autre ^. » Les associations sont, en effet, l'intermédiaire indispensable entre les individus et l'Etat, pour donner à la société une véritable organisation ; elles sont nécessaires à la santé du corps social. Celui-ci, en réalité, est « un composé d'organes distincts et spéciaux, tous également naturels et nécessaires, chacun d'eux adapté par sa structure particulière à un emploi défini et restreint, chacun d'eux spontanément produit, formé, entretenu, renouvelé et stimulé par l'initiative, par les affinités réciproques, par le libre jeu de ses

Page 1