‹ La philosophie de Taine: essai critiqueChapitre 126 sur 181 · Essais de Critique. La Bruyère, pp · texte numérisé non relu

Essais de Critique. La Bruyère, pp

les crimes dans tous teurs éléments, dans toutes les phases de leur perpétration, nous ne pouvons pas plus les flétrir que nous ne flétrissons la monomanie incendiaire ou homicide ^.

Est-ce à dire cependant que le déterminisme exclue la responsabilité? Nullement. Celui qui reproche au déterminisme « de transformer rhomme en machine, de l'assujettir à quelques rouages intérieurs, de Tasservir aux grandes pressions environnantes, de nier la personne indépendante et libre, de décourager nos efforts en nous apprenant que nous sommes contraints et conduits au dehors et au dedans par des forces que nous n'avons pas faites et que nous devons subir, celui-là oublie ce qu'est une âme individuelle... Il cesse de voir dans l'âme individuelle... les éléments qui la composent... les facultés et les penchants dont l'âitie individuelle n'est que ^l'ensemble. Il ne remarque pas que les aptitudes et les penchants fondamentaux d'une âme lui appartiennent, que ceux qu'elle prend dans la situation générale ou dans le caractère national lui sont ou lui deviennent personnels au premier chef, que lorsqu'elle agit par eux, c'est d'après elle-même, par sa force

1. Notes sur la Volonté. Revue Philosophique, loç. cil , pp. 466 et sq.

prepre, spontanément, avec une initiative complète, avec une responsabilité entière, et que Tarlifice d'analyse par lequel on distingue ses principaux moteurs, ses engrenages successifs et les distributions de son mouvement primitif n'empêchent pas le tout qui est elle-même, de lirer de soi son élan et sa direction, c'est-à-dire son énergie et son effort K »

C'est donc une erreur de croire que le déterminisme exclut la responsabilité ; bien au contraire, il la fonde et Ion peut même prétendre qu'il est identique à elle ^.

D'ailleurs, à renoncer au déterminisme, on aboutirait à des conséquences inadmissibles.

<( Si l'on nie la détermination absolue des volitions humaines, il n'y a plus de science morale, plus de prévision ; si l'homme peut améliorer sa condition, son esprit et son âme, c'est seulement parce que les événements internes sont rigoureusement et mutuellement dépendants ; la connexion des faits qui nous donne notre empire sur le monde physique nous donne aussi notre empire sur le monde moral *. »

De même, il es! « impossible, sans le déter-

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