Ibidem, p
fait appel à un « intermédiaire explicatif », qui est toujours « un caractère ou une somme de caractères inclus dans la première donnée du couple, plus généraux qu'elle si on les considère à part, accessibles à nos prises, puisqu'ils sont compris en elles, et séparables d'elle par nos procédés ordinaires d'isolement et d'extraction ». Le syllogisme est donc la réunion de trois propositions.
« De ces trois propositions, les deux premières, étant préalables, se nomment prémisses, et la troisième, étant consécutive, se nomme con^ clusion. Les deux prémisses se composent, l'une de la première idée, la plus compréhensive de toutes, associée à la seconde, dont la compréhension est moyenne ; l'autre, de la seconde idée^ dont la compréhension est moyenne, associée à la troisième, la moins compréhensive de toutes ; et enfin la conclusion se compose de la première idée associée à la troisième, c'est-àdire de l'idée la plus compréhensive associée à l'idée la moins compréhensive ^ »
Nous avons vu plus haut la valeur que Taine attache à V axiome ; il exprime des vérités qui ne souffrent nî limites, ni conditions ni restric-
l De V Intelligence, Tome II, pp. 405 et 407.
lions. C'est que l'axiome est « uiïe proposition identique, ce qui veut dire que son sujet contient son attribut : il ne joint pas deux termes séparés, irréductibles l'un à l'autre : il unit deux termes dont le second est une portion du premier. Il est une simple analyse... Les axiomes vont, non d'un objet à un objet différent, mais du même au même ^ » En somme, pour Taine, l'axiome est le jugement analytique au sens kantien.
« Les axiomes sont des théorèmes... qu'on se dispense de prouver, soit parce que la preuve en est très facile, soit parce que la preuve en est très difficile. En d'autres termes, ce sont des propositions analytiques, où le sujet contient l'attribut soit d'une façon très visible, ce qui rend l'analyse inutile, soit d'une façon très marquée, ce qui rend l'analyse presque impraticable ^. »
Par V induction, j'isole des portions des phénomènes qui me sont connus par l'expérience ; j'abstrais des faits complexes que j'y rencontre, des faits plus simples que je suppose être la cause des phénomènes que j'expérimente ; l'in-