LA MÉTAPHYSIQUE
M. Paul, dans les Philosophes. Massiques, ternaine son discours sur la méthode par ce tableau synthétique : « Par cette hiérarchie de nécessités, le monde forme un être unique, indivisible, dont tous les êtres sont les membres. Au suprême somm^ des choses, au plus haut de Téther lumineux et inaccessible, se prononce Taxiome éternel, et le retentissement prolongé de cette formule créatrice compose, par ses ondulations ^inépuisables, l'immensité de Tunivers. Toute forme, tout changement, tout mouvement, toute idée est un de ses actes. Elle subsiste en toutes choses, et elle n'est bornée par aucune chose. La matière et là pensée, la planète et rhomme, les entassements de soleils et
les palpitations d'un insecte, la vie et la mort, la douleur et la joie, il n'est rien qui ne l'exprime, et il n'est rien qui l'exprime tout entière... L'indifférente, l'immobile, l'étemelle, la toutepuissante, la créatrice, aucun nom ne l'épuisé ; et quand se dévoile sa face sereine et sublime, il n'est point d'esprit d'homme qui ne ploie consterné d'admiration et d'horreur ^. »
Taine écouta ce lyrisme métaphysique saus protester. Aussi bien M. Paul n'était-il qu'un autre lui-même et il ne lui répugnait pas de se laisser aller à des enthousiasmes tout pareils. Elles sont rares cependant, les pages où il aborde la métaphysique.
M. Faguet, da)QS son étude sur Taine ^, prétend que sa philosophie est modeste, sa science réservée, et que, pénétré du sentiment des limites de l'esprit humain, il a systématiquement banni la métaphysique du champ de sa compétence. C'est aller trop loin, selon nous. Encore que Taine n'ait pas fait d'exposé systématique d'une métaphysique, il en pose très nettement les principes dans des passages nombreux de