Les Origines. Cf. La Révolution, Tome I, pp
de ces travers combinés naît la société humaine *. »
Il y a un troisième facteur dont il importe de tenir compte dans Tétude de la formation des sociétés humaines ; c'est le facteur que Taine a appelé le moment.
« Avec les forces du dedans et du dehors, il y a l'œuvre qu'elles ont déjà faite ensemble, et^cetle œuvre elle-même contribue à produire celle qui suit ; outre l'impulsion permanente et le milieu donné, il y a la vitesse acquise. Quand le caractère national et les circonstances environnantes opèrent, ils n'opèrent point sur une table rase, mais une table où des empreintes sont déjà marquées. Selon qu'on prend la table à un moment ou à un autre, l'empreinte est différente ; et cela suffit pour que leffet total soit différent ^. »
Le moment est donc, comme la race, une force du dedans ; mais au lieu de désigner des penchants indestructibles et des caractères stables, il désigne un élément instable, c'est-à-dire la somme des actions antérieurement subies par la matière humaine et imprimées dans la race, à un moment donné de son évolution.
Beaucoup d'auteurs ont cru que Taine avait