‹ La philosophie de Taine: essai critiqueChapitre 52 sur 181 · I. Essais de Critique, Préface, pp. x-xi et xv à xix · texte numérisé non relu

I. Essais de Critique, Préface, pp. x-xi et xv à xix

veloppée, et nulle puissance ne peut se développer tout entière, sinon dans le pays où elle se rencontre naturellement et chez tous, où l'éducation la nourrit, où l'exemple la fortifie, où le caractère la soutient, où le public la provoque ^ »

Il y a donc lieu de faire en quelque sorte une botanique humaine et, en étudiant la plante, il ne faut pas perdre de vue le terrain où elle a germé : si elle est largement développée, vigoureuse et belle, c'est avant tout parce qu'elle ^a trouvé la température qui lui fallait, l'espèce de terrain qui convenait à sa nature, et toutes les qualités qui s'épanouissent en elle lui viennent du sol et du ciel. <( Si inventeur que soit un esprit, il n'inviente guère ; ses idées sont celles de son temps, et ce que son génie original y change ou ajoute est peu de chose. La réflexion sohtaire, si forte qu'on la suppose, est faible contre cette multitude d'idées qui de tous côtés, à toute heure, par les lectures, les conversations viennent l'assiéger, renouvelées encore et fortifiées par les institutions, les habitudes, la vue des lieux, par tout ce qui peut séduire ou maîtriser une âme... Tels que des flots dans un

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