La Fontaine et ses Fables, pp
grand fleuve, nous avons chacun un petit mouvement, et nous faisons un peu cfe bruit dans le large courant qui nous emporte ; mais nous allons avec les autres et nous n'avançons que poussés par eux ^. »
A mener plus loin ces investigations de naturaliste, on remarquerait partout Tétroite dépendance dans laquelle se trouve toute œuvre ou toute invention humaine, vis-à-vis de cet étal général de la civilisation au sein de laquelle elle apparaît. Le caractère de Tœuvre change avec le degré de la températiœe morale qui la fait éclore, car « Thomme, comme toute chose vivante, change avec Tair qui le nourrit. Il en est ainsi d'un bout à l'autre de l'histoire : chaque siècle, avec des circonstances qui lui sont propres, produit des sentiments et des beautés qui lui sont propres ; et, à mesure que là race humaine avance, elle laisse derrière elle des formes de société et des sortes de perfection qu'on ne rencontre plus ^. »
Pour chaque peuple, à chaque moment de son histoire, existe donc une certaine température morale, féconde pour certaines graines, funeste pour d'autres. Tout se trouve déterminé