‹ La philosophie de Taine: essai critiqueChapitre 64 sur 181 · Vie, Tome IV, p · texte numérisé non relu

Vie, Tome IV, p

projet, et la mort le terrassa avant qu'il pût remettre la main à l'œuvre \

La conception fondamentale de sa psychologie est en parfaite harmonie avec le reste de sa doctrine. De même qu'il concevait le mouvement dans les corps bruts comme une sensation simplifiée et réduite, de même il estimait que la sensation dans les corps vivants est un mouvement complexe et quaUfié. — « De Tanalyse du mouvement, il suit qu'il n'est pas absolument hétérogène à la sensation » ; sensation et mouvement désignent deux aspects différents d'un même fait. « Cela admis, on pourrait embrasser la nature par une vue d'ensemble. Les séries simultanées d'événements successifs qui la composent seraient toutes homogènes. L'exemplaire nous en serait fourni par la sensation telle que nous l'observons en nous, et par les sensations élémentaires de plus en plus dégradées et simplifiées qui composent cette sensation totale ; à la limite extrême de simplicité, toutes se réduiraient à. des mouvements, lesquels ne seraient eux-mêmes que des séries continues de sensations infinitésimales,

1. On a retrouvé dans ses papiers les notes qu'il avait réunies «n vue de cet ouvrage sur la vcflonté. Elles ont été publiées dans la Revue Philosophique au mois de novembre 1900.

dépouillées de toute qualité et définissables seulement au point de vue de la quantité... A ce titre tous les faits ou événements de la nature pourraient se ramener à des mouvements, et nos sciences, ayant toutes pour objet le dégagement des éléments simples, pourraient toutes, comme en effet elles y tendent, se ramener à la mécanique \ »

Dans cette hypothèse, « tous les problèmes concernant un être quelconque, moral ou physique, seraient au fond des problèmes de mécanique ^ ».

Par les conclusions de sa cosmologie, Taine aboutissait à une extension de la psychologie ; la conception fondamentale de sa psychologie l'amenait à réduire toutes les sciences à fa mécanique. Ce sont là deux conséquences du même principe sur Tidentité de nature de la sensation et du mouvement. Et ce principe luimême découle de la conception panthéiste qui est à la base du système. La vue d'ensemble sur la nature, induite des résultats de Texpérience, devait coïncider avec la vue d'ensemble déduite des premiers principes ; la méthode

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