‹ La philosophie de Taine: essai critiqueChapitre 95 sur 181 · Voyage aux Pyrénées, p · texte numérisé non relu

Voyage aux Pyrénées, p

2. Les origines. L'Ancien Régime, p. 273. — Hist. Lilt. Angl., Préface, p. xxxvi.

des Naïades et des Nymphes ; contemplez pendant toute votre vie des rocs sombres et tourmentés, des monts imposants et des ravins sauvages et vous craindrez les foudres d'un Jupiter ou d'un Hercule ^

« Les choses sont divines ; voilà pourquoi, il faut concevoir les dieux pour exprimer les choses ; chaque paysage a le sien, sombre ou serein, mais toujours grand. Les premières religions ne sont qu'un langage exact, le cri involontaire d'une âme qui sent la sublimité et l'éternité des choses, en même temps qu'elle perçoit leurs dehors. Tout autre langage est abstrait ; toute autre représentation démembre et tue la nature vivante. Quand nous vidons notre esprit des mots artificiels qui l'encombrent, et que notis dégageons notre fond intérieur enseveli sous la parole apprise, nous retrouvons involontairement les conceptions antiques ; nous sentons flotter en nous les rêves du Véda, d'Hésiode ; nous murmurons quelqu'un de ces vers d'Eschyle où, derrière la légende humaine, on entrevoit la majesté des choses naturelles et le

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