Hist. Lin. AngL, Tome I, pp. 157 159-162-164. — Tome III
pp. 380-381. — Tome V, p. 271. — Vie, Tome II, p. 99. — Nou-
' teaux Eêêais de Critique, pp. 286-287. — Voyage aux Pyrénées, p. 301.
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chœur universel des t>rêts, des fleuves et des mers. Alors, par degrés, le travail qui s'est fait dans Tesprit des premiers hommes se fait dans le nôtre ; nous précisons et nous incorporons dans une forme humaine celte force et celte fraîcheur des choses; nous achevons les suggestions qu'elles nous fournissaient. Devant ces eaux fuyardes et folâtres dont les chutes s'éparpillent comme des chevelures, devant ces sources dont Téclair imprévu semble un regard, devant ces jeunes arbres élancés qui portent comme des canéphores, leurs couronnes d'éternelle verdure, nous sommes conduits à imaginer des, personnes divines. Le mythe éclôt dans notre âme, et si nous étions des poètes, il épanouirait en nous toute sa fleur. Nous aussi, nous verrions les figures grandioses qui, nées au second âge de la pensée humaine, gardent encore l'empreinte de la sensation originelle, les dieux parents des choses, un Apollon, une Pallas, une Artemis, les générations de héros qui avaient le ciel et la terre pour ancêtres et participaient au calme de leurs premiers auteurs ^ »
La naïveté des premiers âges de l'humanité ne mettait pas d'obstacle à l'éclosion du mythe;
1. Derniers Essais de Critique. Sainte Odile et Iphigénie en Tauridej pp. 77-79. — Carnets Ue Voyage, p. 136.
sa fleur s'épanouissait et se développait librement dans les âmes. Chaque peuple dessinait sa légende divine selon les formes de son paysage et d'après le caractère de son climat \ — Le rêve flottait dans les imaginations, vague, diffus jusqu'au jour où une voix s'élevanl audessus du tumulte des aspirations et des craintes individuelles, venait leur donner corps et interpréter la légende. C'est là la raison de l'autorité avec laquelle les fondateurs de religions imposaient leurs préceptes et leurs dogmes :
« Dans les grandes crises de l'espèce humaine, il y a une parole que tous attendent ; c'est la seule qu'ils puissent comprendre ; les autres ne sont qu'un vain bruit qui bourdonne confusément à leurs oreilles. Celle-ci, au contraire, est à peine chuchotée, que la voilà écoutée, recueillie, répétée, enflée par le concert de toutes les voix. Elle correspond à quelque vaste et ancien hesoin, à quelque sourd et universel travail, à quelque accumulation énorme de rêveries et d'efforts prolongés pendant des siècles dans toutes les couches, hautes ou basses de la société et de l'intelligence. Comme un coup de