La philosophie de Victor Cousin [microform]
La philosophie de Cousin, mélange d'analyse écossaise et d'hypothèse allemande, éclata en 1828, sous le ministère Martignac. Elle subit des changements considérables durant le règne de Louis-Philippe, sans perdre Tinfluence que lui assurait la centralisation de l'instruction publique en France; elle fait encore aujourd'hui le fond des croyances universitaires. Ce titre seul d'avoir duré près d'un demi -siècle, d'avoir imprimé sa forme à plusieurs générations en France et dans les pays soumis à l'ascendant français, lui assure une place dans l'histoire. En attendant l'histoire, dont l'heure n'est pas encore venue, je voudrais indiquer les points principaux de cet enseignement, et caractériser l'état dans lequel il a laissé la pensée. Je vis à l'écart, je n'ai parlé à Victor Cousin que deux fois en ma vie, je ne songe pas à le peindre. Je ne toucherai ni à l'homme, ni à l'orateur, qui expliquent pourtant bien des choses. Je n'essayerai pas même de louer l'écrivain, sur lequel mon sentiment n'est pas tout à fait d'accord avec l'opinion courante. C'est une aventure de la raison impersonnelle que je veux raconter. Je vais droit au fait. Bien que ce procédé soit depuis longtemps passé de mode, ceux que le sujet intéresse m'en sauront gré. Mais pour apprécier cette philosophie, il faut la placer d'abord en son lieu.