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CHAPITRE VI

La destinée humaine.

La mort. — Ce qu'elle représente pour Victor Hug-o : un passage à d'autres existences. — Sanction après la mort des actes humains. — Dieu n'est pas un juge : tout acte se rémunère par ses propres conséquences. — Théories voisines de la métempsycose. — Pas d'enfer éternel. — Rêveries sur la vie future. — La Fin de Satan.

Hugo admet donc qu'il y a chez Thomme une « flamme auguste » qui a vécu, qui doit vivre, qui tend normalement à se développer d'après son modèle divin, dans une se'rie d'existences où la mort ne constitue qu'un simple passage d'un e'tat à un autre. La mort est une continuation, dit-il, elle est comme un changement de vêtement; elle nous ouvre l'accès du monde invisible. La mort, dit-il encore, est la revanche de Tâme : à la mort l'homme commence à échapper à la pesanteur et se transforme en un vivant de Tespace (i).

Toutes ces idées sont familières à Victor Hugo et la préoccupation de la mort tient une place très importante dans son œuvre. On sent là autre chose que des mots, autre chose que les banalités ordi-

(i) Post-Scriptum de ma vie, p. 183-184.

naires dont on n'entrevoit la terrible signification que quand on est directement frappe' par le destin. Chez Hugo, ridée de la mort est toujours présente; il songe constamment au problème de l'au-delà. Pour celui qui sait et comprend la contingence essentielle de la vie terrestre, il est naturel de se demander ce qu'elle signifie et si elle vaut la peine d'être vécue : si l'homme n'est qu'une des manifestations passagères du mécanisme universel, si sa personnalité n'est qu'une apparition entre deux néants, celui qui précède la naissance, celui qui suit la mort, il est clair que notre vie est foncièrement triste et que tout ce qui s'y rattache n'a qu'une valeur des plus relatives.

Hugo croit au contraire que la personnalité continue après la mort, qu'il y a dans le monde un idéal suprême toujours offert à l'activité des êtres. Alors la vie a un sens rationnel, elle a un but et une sanction. On peut se dévouer sans être dupe, la justice devient une réalité, la moralité est possible pour cette vie et en prévision de l'autre. C'est la vie future, quand on y réfléchit, qui doit être notre souci constant, car le cercueil est le berceau de la naissance à une existence supérieure (2). Aussi Victor Hugo a-t-il eu sans cesse les yeux fixés sur cette existence à venir, et cette préoccupation contribue au plus haut point à donner à son œuvre un caractère profondément mystique et prophétique.

(2) Dieu, II- VI.

« Habituons-nous, écrit-il, à regarder sans épouvante ce mystérieux prolongement de l'homme dans l'éternité. .. Nous en serons meilleurs. La mort est sainte et elle est saine. » (i)

L'ouvrage d'où ces lignes sont extraites se termine par une sorte d'invocation à la mort pleine d'-une religieuse espérance :

« O vous que j'aime, ne vous affligez pas de ce cri que je pousse vers l'attente suprême, ne vous attristez pas de cette impatience, car j'ai la foi que c'^st dans l'infini qu'est le grand rendez-vous. »

Dans ses écrits et discours politiques, Hugo fait constamment allusion à la responsabilité des âmes par delà le sépulcre, et son zèle de champion de la démocratie s'appuie sur la foi dans une autre vie.

Au point de vue poétique, tout lecteur de Victor Hugo sait avec quelle intensité de sentiment, avec quelle force et quelle variété d'expressions, il a dépeint les côtés matériels de la mort en même temps que les espoirs infinis qu'elle suscite en nous. Les Contemplations renferment à cet égard ses plus belles pages. Tantôt il chante la fragilité de la vie, la fuite irrémédiable du temps :

« L'homme est à peine né qu'U est déjà passé Et c'est avoir fini que d'avoir commencé. » (2)

Au milieu de l'indifférence apparente de la nature, chacun sombre à son tour :

(i) Post-Scriptum de ma vie, p. 184.

(2) Liv. VMII.

« Ils vont se marier ; faites venir un prêtre ; Qu'il revienne ! ils sont morts. Et, le temps d'apparaître,

Les voilà disparus !» ( i )

Tantôt il nous fait assister aux adieux des se'parations derhières et aux palpitations effarées de la vie prête à s'éteindre :

« Quel pas que la sortie ! Oh ! l'affreUse vallée Que l'embuscade de la mort! >» (2)

Tantôt encore, il nous montre la terre reprenant le corps qu'on vient de lui confier et en restituant les éléments à la vie universelle :

« Et la terre, agitant la ronce à sa surface,

Dit : l'homme est mort; c'est bien; que veut -on que j'en

Pourquoi me le rend-ron ? [fasse ?

Terre ! fais-en des fleurs, des lys que l'aube arrose ! De cette bouche aux dents béantes, fais la rose

Entr'ouvrant son bouton ! »

Mais si les éléments matériels de Thomme se dispersent pour rentrer dans la circulation générale, à cela ne se borne pas l'effet de la mort; en même temps qu'elle met en liberté les atomes constituant le corps, elle délivre l'âme :

* La mort, c'est l'ineffable chant De l'âme et de la bête à la fin se lâchant.

C'est une double issue ouverte à l'être double. -> (3)

Et Victor Hugo songe constamment à ses morts aimés comme à des êtres qui continuent à vivre

(1) Liv. V-V.

(2) Liv. III-XXVI.

(3) Liv. VI-XII.

ailleurs. Voyons donc ce qui signifie pour lui la vie future au point de vue de la sanction des actes humains.

Pendant la vie, Thomme est en proie au conflit résultant de sa double nature, Tune qui Tentraîne vers la matière, Tautre qui tend à le faire monter vers ridéal divin. Cette lutte continuelle offre à la liberté les moyens de s'affirmer; selon qu'il aura donné plus ou moins à la vertu, l'homme se sera préparé l'accès à une existence plus haute ou la chute vers les régions inférieures du monde créé.

Conformément à ces théories, où se retrouvent les inspirations hindoues ou pyhtagoriciennes sur la métempsychose (i), Hugo admet que c'est l'être qui est à tout instant l'auteur de sa destinée et qui fixe lui-même son rang dans l'échelle de la création, les organismes qu'il prend au cours de son évolution palingénésique, étant d'autant plus parfaits qu'il a mieux réussi à s'affranchir du mal.

Le sort des êtres n'est donc pas fixé une fois pour toutes. Dans les limites de sa courte existence, l'homme crée son état futur d'après le niveau de perfection auquel il a haussé sa volonté.

« Il suffit Qu'il soit méchant.ou bon; tout est dit. Ce qu'on fit, Crime est notre geôlier, ou, vertu, nous délivre. L'être ouvre à son insu de lui-même le livre ; La conscience calme y marque avec le doigt Ce que l'ombre lui garde ou ce que Dieu lui doit. »

(i) Hugo le rappelle lui-même :

«'L'Inde a presque entrevu cette métempsycose. »

(Ce que dit la Bouche d'Otnbre.J

Tout être est sa propre balance. Selon que Tâme :

« Aspire à la lumière et tend vers l'idéal, Ou s'alourdit, immonde, au poids croissant du mal. Dans la vie infinie, on monte et l'on s'élance Ou l'on tombe ». (2)

Et le poète ajoute avec force, dans un vers demeure' célèbre :

« L'assassin pâlirait s'il voyait sa victime ; C'est lui. »

Effectivement, l'âme qui s'est écartée de Dieu par le mal se condamne à descendre d'autant plus bas qu'elle a été plus coupable : les animaux, les plantes, la matière brute, sont autant de prisons où elle doit expier ses crimes.

Dans les Contemplations , Victor Hugo accorde beaucoup de place à ces descriptions. Il suppose que les âmes coupables sont enfermées dans les formes inférieures avec pleine conscience de leur sort misérable, ce qui paraît du reste une condition nécessaire de l'expiation. Différentes en cela de ce qu'elles étaient quand elles se revêtaient d'une forme humaine, elles connaissent leur passé et peuvent voir Dieu directement :

« L'homme ne voit pas Dieu, mais peut aller à lui. En suivant la clarté du bien, toujours présente ; Le monstre, arbre, rocher, ou bête rug-issante, Voit Dieu, c'est là sa peine, et reste enchaîné loin. »

Sur cette fiction, les facultés imaginatives du

(2) Coniemplations : Ce que dit la Bouche d'Ombre,

poète se donnent pleine carrière ; il se plaît à décrire la chute des âmes punies et les tourments qu'elles endurent dans leurs diverses prisons. Dans Ce que dit la Bouche d'Ombre ^ comme dans cette autre pièce Aqs Contemplations : Pleurs dans la Nuit, Hugo cite différents noms de personnages historiques auxquels il attribue, pour Texpiation de leurs fautes, des réincarnations pénibles ou répugnantes.

Nous avons souligné déjà le caractère presque exclusivement poétique de ces théories et l'incohérence qui consiste à personnifier, pour en faire le séjour des âmes criminelles, des objets n'ayant qu'une individualité nominale.

De semblables fantaisies ne se concilient guère non plus, avec l'idée vraiment philosophique cette fois, de l'évolution universelle suivant laquelle les êtres animés seraient l'expression toujours progressive, mais toujours adéquate, de la puissance de vie qu'ils représentent à un moment donné, et auraient une mentalité conforme à leur organisation matérielle?

Cette dernière conception est évidemment celle de Victor Hugo, ainsi que le prouve tout l'ensemble de ses doctrines sur l'ascension des êtres traversant « la formule de chair propre à chaque milieu », sur la nature et la destinée de l'animal, sur la place de l'homme dans le monde vivant et sur ses devoirs envers les animaux comme envers le reste de la création.

Hugo aurait donc du expliquer plus clairement sa pensée; retenons seulement de notre exposé cette

conclusion générale que, d'après lui, les fautes des êtres responsables sont punies après la mort par une rétrogradation dans l'échelle de la vie, conséquemment par un contact plus étroit avec le monde où règne la souffrance et la fatalité.

Par contre, la destinée de l'âme humaine qui a su se rapprocher de l'idéal, est de s'affranchir de plus en plus de la gravitation, de façon à s'élever dans la série des êtres supérieurs à l'homme. L'âme délivrée de son vêtement de chair deviendra sidérale et vivra dans la lumière (i). Elle se joindra aux formes angéliques, qui, dans le monde invisible, vont de l'homme jusqu'à Dieu. Victor Hugo fait parfois allusion à ces puissances supérieures, par exemple dans la pièce Plein Ciel de la Légende des Siècles, où il décrit, penchés sur les vivants :

« Les êtres inconnus et bons, les providences

Présentes dans Tazur où Toeil ne les voit pas,

Les ang-es qui de l'homme observent tous les pas. »

Comment s'accomplira le destin des bons et des méchants? Est-ce par une intervention directe de Dieu, par une sorte de jugement à l'imitation des religions antiques ou modernes? Non, nous le savons déjà. Dieu n'est pas un juge. Dieu n'est pas le distributeur des récompenses ou des peines et le sort de l'âme se règle automatiquement.

« Dieu laisse à tous le poids qu'ils ont. Coupable ou sainte, L'action est un pied qui marque son empreinte. Dieu laisse au mal le mal. » (2)

(i) Post-Scriptum de ma vie, p. 183-185.

(2) Dieu, II-VII.

Sa présence suffit pour jeter Tâme innocente aux cieux, Fâme criminelle aux nuits :

« Chacun va dans la sphère où sa pesanteur tombe »

et pour cela Dieu n'a qu'à dire : je suis! En lui s'équilibrent à la fois tous les balancements de l'ordre; il ne choisit pas, n'est influencé par rien, pas même par la miséricorde, qui serait un faux poids :

« La balance n'a pas le droit de faire gjâce ; EUe oscille en dehors du temps et de l'espace, Elle est la vérité. -» (i)

, Mais nous devons faire intervenir ici l'optimisme transcendant auquel aboutit le système cosmogonique du poète. Dieu étant amour et offrant à la Création l'attrait ininterrompu de sa perfection, il s'ensuit que l'âme tombée a toujours la possibilité du rachat :

« Rien n'est désespéré car rien n'est hors de Têtre. » (2)

L'enfer est une éclipse; le mal passe et Dieu luit. Après le rachat vient la délivrance, et partout ce sont des monstres qui reviennent à la lumière :

« Le méchant est un mort dont l'harmonie est veuve. Il peut, quand il lui plaît, renaître après l'épreuve,

Et revenir, ailé.

Superbe, triomphant, sans pleurs, sans deuils, sans crainte, Joyeux ; car tout esprit de la justice sainte

Est l'époux étoile. » (3)

(i) Dieu, II- VIT.

(2) Dieu, II-VII.

(3) Dieu, II-VII.

Il n'y a ni déshérités, ni parias. Pour s'évader des ténèbres, il suffit :

« Qu'une bonne action pousse l'énorme porte

Du bout du petit doigft » (i).

Le levier principal, l'unique pour mieux dire, ouvrant l'accès du ciel, c'est l'amour. Qu'un être ait un sentiment de pitié, un mouvement d'amour désintéressé, il a pour un instant pénétré l'essence divine et s'est mis en état d'aspirer au monde supérieur.

Chacun connaît la légende du sultan Mourad racheté, malgré son existence de crimes, pour avoir, dans une seconde de pitié, chassé les mouches qui s'acharnaient sur un porc agonisant (2). Il ne faut voir là d'ailleurs qu'une allégorie, car la vraie doctrine de Victor Hugo est que le sort de l'âme au moment de la mort est la résultante des actes de toute la vie ; un mouvement unique de pitié n'aurait, semble-t-il, de valeur décisive qu'autant qu'il constituerait pour l'âme une sorte de révélation capable de l'élever à un niveau de moralité qu'elle possédait en puissance.

Hugo repousse absolument la théorie catholique de l'enfer, théorie monstrueuse, opposée à toutes nos idées de justice et de bonté, à tout ce que nous pouvons comprendre de la nature divine. Il n'y a qu'à citer quelques vers de l'éloquente apostrophe qui résume son opinion dans le poème Dieu,

[i] Dieu, II- VII.

{2) Légende des Siècles.

<' Dieu n'est pas le pêcheur qui jette des appâts

Au pauvre être fuyant que l'appétit assiège;

Et son bonheur n'est pas de prendre l'homme au piège.

Pas d'enfer éternel.

Quoi, l'être aux instants courts, Quoi ! le vivant rapide enchaîné pour toujours ! Quoi, des illusions, des erreurs, des risées. Quoi, des fautes d'un jour et d'une ombre, écrasées Sous ce mot immobile et monstrueux : Jamais ! Dieu se faisant bourreau du haut des clairs sommets!... Chassez ce songe, vous fantômes, qui le faites. » (i)

Ce songe barbare serait un outrage à Dieu, Or Dieu ne se venge pas, ne pardonne pas, il aime :

<: Oh ! tous sont appelés et tous seront élus.

Père, il songe au méchant pour l'aimer un peu plus. > (2)

De même que Victor Hugo n'admet point pour l'âme coupable un état de misère éternellement fixé, il ne croit pas non plus que la montée des âmes vers Dieu atteigne jamais son terme. Expliquezvous, dit-il, ce que c'est que l'immortalité :

« La création est une ascension perpétuelle, de la brute vers l'homme, de l'homme vers Dieu.

Dépouiller de plus en plus la matière, revêtir de plus en plus l'esprit, telle est la loi. A chaque fois qu'on meurt, on gagne plus de vie. »

Mais à se rapprocher ainsi de Dieu d'un mouvement continu, les âmes n'arriveront-elles pas à se confondre en lui, à perdre leur moi, c'est-à-dire à mourir définitivement? Non, répond Hugo; comme pour l'asymptote, le point de jonction est dans

(1) Dieu, II- VII.

(2) Dieu, II- VIII.

rinfini, et la loi de Tâme est de se rapprocher toujours, de n'atteindre jamais.

« C'est cette ascension sans fin, c'est cette perpe'tuelle poursuite de Dieu, qui pour Tâme est son immortalité. » (i)

Quant à se figurer ce que pourra être une autre vie, le poète ne juge pas que ce soit une tentative absolument oiseuse. Ces questions ne lui répugnent point r « Pourquoi, dit-il, n'aurait-on pas un corps subtil et éthéré, dont notre corps humain ne serait qu'une ébauche grossière?» (a)

Qui n'a lu les beaux vers des Contemplations consacrés à la description du voyage des âmes à travers les astres? ces rêveries sur la destinée interstellaire des esprits étaient assez de mode à l'époque où Victor Hugo composa la pièce qui a pour titre Saturne, J'en suis venu, écrivait-il,

<'. A croire qu'à la mort, continuant sa route, L'âme se souvenant de son humanité, Envolée à jamais sous la céleste voûte, A franchir l'infini passait l'éternité. » (3)

Victor Hugo a symbolisé les idées de la punition du mal par la souffrance que l'être mauvais s'inflige à lui-même, et de la possibilité du rachat grâce à l'attraction de Dieu proposé au monde comme fin suprême, dans un des ouvrages qui n'ont été publiés qu'après sa mort : — la Fin de Satan, — Ce

(i) PostScripttim de ma vie^ p. 185-186.

(2) Post-Scriptum de ma vie, p. 179.

(3) Liv. III-III.

poème paraît avoir été peu compris et mal étudie', comme toutes les œuvres posthumes de Victor Hugo, bien qu'en réalité il date à peu près en entier de la meilleure époque de son talent. Cependant quelques critiques ont manifesté leur admiration pour cet ouvrage, et en effets il renferme des parties d'une intense poésie et d'une rare puissance de pensée et de sentiment.

Il est difficile de rien concevoir de plus beau comme langue, comme profondeur d'idées, que les plaintes de Satan qui regrette la lumière perdue, l'Amour dont il est exclu.

L'enfer, c'est la privation d'amour; le châtiment du coupable, c'est d'aspirer en vain vers Dieu, d'être le prisonnier de son propre cœur.

<> L'enfer, c'est l'absence éternelle.

C'est d'aimer. C'est de dire : hélas ! où donc est-elle Ma lumière? Où donc est ma vie et ma clarté?... Si je ne l'aimais point, je ne souifrirais pas. Laissez-moi remonter, g-ouffres!...

Le malheur de la nuit, son supplice, C'est d'adorer le jour et de rester la nuit. »

Satan est donc la personnification de la nature déchue, se souvenant de sa splendeur originaire et tendant à y remonter par l'effet d'une aspiration interne qui la tourne vers Dieu. Partout cette tendance existe à des degrés variés et sous des formes multiples, dans la matière dite inorganique comme dans la matière organisée, dans l'animal comme dans l'homme. En la représentant sous les apparances de l'antique Lucifer, Victor Hugo en a dramatisé la puissance essentielle.

A cet égard, il est sans importance que le poète ait, suivant la remarque de Renouvier, donne' à la figure de Satan certains caractères le rapprochant parfois du type qui lui est attribue' par la religion catholique. Ce sont là des détails que Victor Hugo a pu juger utiles pour l'intérêt de son récit, mais qui n'altèrent pas la vraie signification de l'œuvre.

Celle-<:i se terminant par le pardon de l'ange déchu montre qu'il n'y a pas d'enfer éternel, que toute chute comporte son rachat et que l'amour divin doit en dernier lieu triompher du mal représenté par Satan qui en est la personnification la plus complète.

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