‹ La philosophie de VoltaireChapitre 115 sur 196 · LIVRE I. -DE DIEU · texte numérisé non relu

LIVRE I. -DE DIEU

ture se mêle des détails, quoique je pense qu^aucun détail ne le fatiguerait ni le rabaisserait; je pense qu'il a établi des lois générales, immuables , éternelles, par lesquelles les hommes et les animaux se conduiront toujours : je vous l'ai déjà dit assez clairement.

Diagoras\ auteur du Système de la nature^ dit dans sa longue déclamation à peu près la même chose que vous. Voici ses paroles dans son chapitre iv du tome ii : (( Votre « dieu est sans cesse occupé à produire et à détruire; par « conséquent il ne peut être appelé immuable quant à sa « façon d'exister. »

Diagoras prétend que nous composons ainsi notre dieu de qualités contradictoires ; il le traite de fantôme affreux et ridicule : mais qu'il me permette de lui dire qu'il y a bien de la hardiesse à décider aussi légèrement sur un sujet si grave. Produire et détruire alternativement dans tous les siècles, par des lois toujours constantes, ce n'est pas changer au hasard; c'est, au contraire, être toujours semblable à soi-même. Dieu donne la vie et la mort; mais il les donne à tout le monde : il a rendu la vie et la mort nécessaires; il est immuable en exécutant toujours ce plan de la création, en gouvernant toujours d'une manière uniforme : s'il fesait vivre éternellement quelques hommes, on pourrait alors dire peut-être qu'il n'est pas immuable ; mais quand tous naissent pour mourir, son immutabilité n'est que trop constatée.

* C'esl-â-dire le baron d'Holbach, mort le 21 janvier 4 789. Le véritable Diagoras, avec lequel d'Holbach a d'ailleurs plus d'un rapport, n'était pas athée, mais il avait manqué d'être déchiré en pièces par les Athéniens, vers l'an 400 avant J.-C, pour avoir ri des mystères d'Eleusis. (Clog.)

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