DE VOLTAIRE AU PRINCE ROYAL
23 janvier 1758.
Je reçois de Berlin une lettre du 26 décembre. Elle contient deux grands articles : un plein de bonté, de tendresse et d'attention à m'accabler des bienfaits les plus flatteurs. Le second article est un ouvrage bien fort de métaphysique. On croirait que cette lettre est de M. Leibmtz ou de M. Wolf à quelqu'un de ses amis, mais elle est signée Frédéric. C'est un des prodiges de votre âme, monseigneur; votre altesse royale remplit avec moi tout son caractère. Elle me lave d'une calomnie; elle daigne protéger mon honneur contre l'envie, et elle donne des lumières à mon ame.
Je vais donc me jeter dans la nuit de la métaphysique pour oser combatre lesLeibnitz, les Wolf, les Frédéric! Me voilà, comme Ajax, ferraillant dans l'obscurité; et je vous crie : Grand Dieu , rends-nous le jour et combats contre nous !
Mais avant d'oser enlrer en lice, je vais faire transcrire pour mettre dans un paquet, deux cpitres qui sont le cornmeneement d'une espèce de système de morale que j'avais commencé .1 y a un an. 11 y a quatre cpitres de faites.
* UMra XXXIX. J