TOUT EST BIEN
0 malheureux mortels ! ô terre déplorable î 0 de tous les fléaux assemblage effroyable ! D'inutiles douleurs éternel entretien!
Philosophes trompés, qui criez Tout est bien ^ Accourez, contemplez ces ruines affreuses, Ces débris, ces lambeaux, ces cendres malheureuses, Ces femmes, ces enfans l'un sur l'autre entassés, Sous ces marbres rompus ces membres dispersés ; Cent mille infortunés que la terre dévore, Qui, sanglans, déchirés, et palpitans encore, Enterrés sous leurs toits, terminent sans secours Dans l'horreur des tourmens leurs lamentables jours ! Aux cris demi-formés de leurs voix expirantes, Au spectacle effrayant de leurs cendres fumantes, Direz-vous : C'est l'effet des éternelles lois. Qui d'un Dieu libre et bon nécessitent le choix? Direz-vous, en voyant cet amas de victimes : Dieu s'est vengé, leur mort est le prix de leurs crimes ?