‹ La philosophie de VoltaireChapitre 23 sur 196 · LIVRE ï. —DE DIEU · texte numérisé non relu

LIVRE ï. —DE DIEU

P. S. Il est toujours malheureusement nécessaire d'avertir qu'il faut distinguer les objections que se fait un auteur de ses réponses aux objections, et ne pas prendre ce qu'il réfute pour ce qu'il adopte.

« mais les hommes sont pervers; ils font un détestable usage de la « liberté que ce grand Elre leur a donnée et dû leur donner, c'est-à- « dire de la puissance d'exécuter leurs volontés, sans quoi ils ne se- « raient que de pures machines, formées par un être méchant pour « être brisées par lui... Si le crime est sur la terre, la verlu y est « aussi. » Que veut donc encore Voltaire? La sagesse de Dieu n'estelle pas justifiée? Dieu ne peut pas donner sa perfection : toute créature est donc imparfaite. Mais si le monde ne peut être le séjour de la sainteté absolue, il peut être le séjour de la vertu, acquise par la liberté, au prix du libre effort et de la douleur. La vertu est ce qu'il y a de plus beau, après la sainteté divine ; et le monde qui la renferme, le plus beau après le monde divin. Voltaire joue Tignorance, pour discréditer les systèmes et l'intolérance qu'ils engendrent ; nous devons prendre cette ignorance pour ce qu'elle est, pour une tactique passagère, et faire notre profit des idées solides répandues dans ses écrits. (E. B.)

POEME

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