BIEN
Du bien et du mal physique.
Voici une question des plus difficiles et des plus importantes. Il s'agit de toute la vie humaine. Il serait bien plus important de trouver un remède à.nos maux ; mais il n y en a point, et nous sommes réduits à rechercher tristement leur'origine. C'est sur cette origine qu'on dispute depuis Zoroastre, et qu'on a, selon les apparences, disputé avant lui. C'est pour expliquer ce mélange de bien et de mal qu'on a imaginé les deux principes, Oromase, l'auteur de la lumière, et Arimane, l'auteur des ténèbres ; la boîte de Pandore, les deux tonneaux de Jupiter, et tant d'autres systèmes. Le premier des dialecticiens, non pas le premier des philosophes, l'illustre Bayle a fait assez voncomment il est difficile aux chrétiens qui admettent un seul Dieu, bon et juste, de répondre aux objections des manichéens qui reconnaissent deux dieux, dont l'un est bon et l'autre méchant.
Le fond du système des manichéens, tout ancien qu'il est, n'en était pas plus raisonnable. 11 faudrait avoir établi des lemmes géométriques pour oser en venir à ce théorème : c( Il y a deux êtres nécessaires, tous deux suprêmes, tous deux infinis, tous deux également puissans, tous deux s'étant fait la guerre, et s'accordant enfin pour verser sur cette petite planète, l'un tous les trésors de sa bénéficencf, et l'autre tout l'abyme de sa malice » En vain, par cette hypothèse, expliquent-ils la cause du bien et du mal; la iable de Prométhée l'explique encore mieux; mais toute hypolV.èse qui ne ^ert qu'à rendre raison des choses, et