et 11"" année, I, 5-13. (21 janv.-4 févr
' J'ai pensé être utile aux lecteurs en leur indiquant ici tout ce qui a été traduit de William James eu notre langue. Pour la liste complète de ses oeuvres, voir le catalogue récemment publié : a A list of the published writings of William James», Psychological Review, vol. XVIII, p. 157-165 (Mars 1911). — La Critique Philosophique, politique, scientifique, littéraire, qui a fait connaître au public français la plupart des premiers « Essais » de James presque aussitôt parus en anglais, était une courageuse revue hebdomadaire, puis mensuelle, fondée et dirigée par Ch. Renouvier (mort en 1903) pour défendre le point de vue du néo-criticisme dans tous les domaines. Elle a malheureusement cessé de paraître en 1889, après di.x-huit ans d'existence.
Rationalité, activité et foi. — Jrf., 11»« année, II, 129-140, 145-154, 161-166. (30 sept.-U oct. 1882.)
Le dilemme du Déterminisme. — Id.^ IS"» année. II, 273- 280, 305-312, 353-362. (29 nov. 1884-3 janv. 1885.)
Ce que fait la Volonté. — Id.^ nouv. série, 4"" année, I, 401-420. (Juin 1888.)
Réponse de M. W. James aux remarques de M. Renouvier sur sa théorie de la volonté. — Ji., nouv. série, 4"" année, II, 401-404. (Dec. 1888.)
La vie vaut-elle la peine d'être vécue ? Trad. par J. Sulliger. — La Grande Revue, juin 1900, p. 539-562.
La théorie de l'Emotion. Introd. par le D' G. Dumas. — Paris, Alcan, 1902. (Bibl. de Philosophie contemporaine.) In-12, 168 p., 2 fr. 50.
Du rôle de la religion dans la vie humaine. — Annales de Philosophie chrétienne, 1903, 3°" série, II, 557-564,
La notion de Conscience. — Archives de Psychologie, V, 1-12. (Juin 1905.)
La religion comme fait psychologique. — Itevue de Philosophie, juillet 1905, p. 5-20.
L'Expérience Religieuse, essai de psychologie descriptive. Trad. par Frank Abauzit ; préface d'Emile Boutroux. — 2'"'' édition. In-8, XXIV et 449 p., Paris, Alcan, et Genève, Kundig, 1908. 10 fr.
Le Pragmatisme. — Revue de Philosophie, août 1906, p. 463-484.
Les Energies humaines. — Id., octobre 1907, p. 317-339.
Précis de Psychologie. Trad. par E. Baudin et G. Bertier. — Paris, Rivière, 1909. In-8, XXXVI et 631 p., 10 fr.
Causeries pédagogiques. Trad. par L.-S. Pidoux, avec une préface de J. Payot. — Lausanne, Payot, 1907. In-12, 160 p., 2 fr. 50.
L'Habitude. La Volonté. Trad. par F. Abauzit. — Deux brochures in-12. Paris, Union pour l'Action morale.
La Volonté de croire. Trad. par L.-S. Pidoux. — Saint- Biaise, Foyer Solidariste, 1908. In-12, 43 p., 0.60 c.
Philosophie de l'Expérience. [« A pluralistic Universe ».] Trad. par Le Brun et Paris. — Paris, Flammarion (Bibl. de Phil. scientifique), 1910. In-12, 368 p., 3 fr. 50.
Le Pragmatisme. Trad. par Le Brun. Avec une introduction par H. Bergson. — Idem, 1911. 312 p.
William James naquit à New-York le 11 janvier 1842. Une partie de son enfance et de sa jeunesse s'écoula en Angleterre où sa famille vint se fixer pour un temps. A 15 ans, il fit un séjour à Paris, puis suivit le collège de Bonlogne-sur-Mer et passa enfin deux semestres à Genève (1859-60). Lorsqu'il en repartit pour l'Amérique, à 18 ans et demi, parlant et écrivant le français comme sa langue maternelle, il comptait se vouer aux beaux-arts et il entra dans l'atelier du peintre W.-M. Hunt, à Newport. Mais, au bout de quelques mois, ses goûts scientifiques ayant pris le dessus, il quitta la peinture pour les sciences naturelles et la médecine, qu'il étudia à Harvard, avec intermèdes d'un semestre à Berlin et d'une année au Brésil, où il accompagna son maître de zoologie, Louis Agassiz, dans une importante expédition scientifique. En 1869, il fut reçu docteur en médecine à Harvard, université où s'écoula dès lors sa carrière professorale jusqu'au moment de sa retraite, trois ans avant sa mort ; il y fut successivement «instructeur» d'anatomie et physiologie (1872) ; professeur adjoint de physiologie (1876), puis de philosophie (1880); et enfin professeur titulaire de psychologie (1889), puis de philosophie (1897). Il y avait fondé, en 1875, le premier laboratoire de psychologie. Son enseignement à Harvard ne l'empêcha pas de faire de nombreux voyages en Europe et de donner des cours ou des conférences à Edimbourg (Gifford Lectures, 1901 et 1902). Oxford (Hibbert Lectures, 1908), et dans diverses universités des Etats-Unis.
William James était frère du célèbre romancier Henri
James. Il avait épousé M'l« Alice Gibbens, de Boston, qui lui a été une compagne admirable, entièrement digne de lui par le cœur et l'intelligence. Un de leur fils, héritier des dons artistiques paternels, s'est voué à la peinture et promet de devenir un portraitiste de valeur.
William James était associé étranger de l'Institut de France (Académie des sciences morales et politiques), sans parler de toutes les autres distinctions honorifiques accumulées sur sa tête, o Je ne suis plus bon qu'à servir de porte-manteau aux compagnies savantes pour accrocher leurs décorations », disait-il en riant un jour que je le félicitais d'un nouveau diplôme. L'un des derniers titres qu'il ait reçus, et auquel il fut très sensible comme souvenir de ses premiers semestres d'étudiant, est le doctorat es sciences honoris causa que l'Université de Genève lui décerna lors du Jubilé de 1909.
D'innombrables travaux et articles nécrologiques ont déjà été consacrés, en tous pays, à William James et à son œuvre. Indiquons ici quelques-uns de ceux qui ont paru en français :
F. Abauzit, fFilliam James. Semaine littéraire de Genève des 17 et 24 septembre 1910.
H. Bergson, Vérité et Réalité. Introduction à la traduction française du Pragmatisme, p. 1-16.
E. BouTROux, William James. In-12, 143 p., Paris, Colin, 1911.
P. BovET, William James psychologue : l'intérêt de son œuvre pour les éducateurs. Broch. de 16 p. ; Saint-Biaise 1910.
A. Chaumeix, William James. Revue des Deux Mondes, 15 octobre 1910, p. 836-864.
J. Kaltenbach, William James; souvenirs personnels. Foi et Vie, 5 oct. 1910.
A. Léo, William James chez lui. Foi et Vie, 20 nov. 1910.
P. Millet, William James. Le Temps, 5 sept. 1910.
M. MiLLiouD, William James. Journal de Genève, 5 sept. 1910.
A. ScHiNz, La portée philosophique de l'œuvre de William James. Bibliothèque universelle, juin 1911, p. 519-539.
Messieurs,
Il y a juste un demi-siècle — c'était au semestre d'été 1860 — la section genevoise de la Société de Zofingue reçut au nombre de ses membres un jeune Américain du nom de William James, qui suivait les cours de sciences et de lettres de notre ancienne Académie. Au bout de peu de mois, il démissionna pour retourner dans sa patrie et, quelques années après, n'ayant plus donné de ses nouvelles, il fut porté à tout hasard, dans le catalogue imprimé des anciens Zoflngiens, comme négociant à New-York^.
William James négociant!! On ne pouvait tomber mieux en fait de qualification... par antiphrase,
' Catalogue des Membres de la Section genevoise de la Société de Zofingen, Genève, 1861, p. 31. On y voit que William James, de New- York, stud. phil., lit partie de la section comme «hospes perpétuas», du 4 avril au 27 juillet 1860, sous la présidence d'Aug. Chantre, et qu'il reçut l'honorariat en sortant.
c'est-à-dire qui exprime la vérité en en prenant le contrepied. — Les négociants, en effet, n'ont point coutume de cultiver la science pure, ni de creuser les énigmes de l'univers; or, ce fut là toute la carrière de William James, qui devint un philosophe, après avoir été d'abord un savant au point d'enseigner l'anatomie et la physiologie à l'Université d'Harvard. — Les négociants considèrent avant tout la valeur vénale ou marchande des choses, tandis que James était un moraliste préoccupé essentiellement de leur valeur spirituelle. — Les bons négociants ne pèchent guère par excès de sensibilité à l'endroit de leur prochain, car ils savent que «les affaires sont les affaires». James, lui, semble avoir pris pour devise « tout être humain est un être humain»; il avait le cœur chaud, l'àme généreuse d'un philanthrope au sens le plus élevé du mot, aimant l'humanité en général et rêvant de lui apporter une philosophie dont elle pût vivre au lieu de toutes celles qui la tuent ; aimant aussi les individus en particulier et prompt à les aider matériellement aussi bien que moralement. Collègues malchanceux, étudiants dans la gêne ou le découragement, épaves quelconques que le hasard des circonstances jetait sur son chemin, on ne saura jamais tous ceux qu'il a relevés et réconciliés avec la vie. — Enfin, et pour ne pas charger davantage ce tableau d'oppositions, James possédait une exquise nature d'artiste^ ce qui, chacun le sait, rime avec négociant comme poète avec épicier...
NATURE d'artiste 15