I.NTIliiHt'CTION
attaque la moelle. Enfin, une troisième classe cou irend les maladies qui viennent de l'air respiré, c a pituite et de la bile. L'une d'elles est la maladi Lcrée (1).
La cosmologie d'Arislote a un caractère plus abs trait que celle de Platon ; la métaphysique y joue un rôle prépondérant. Néanmoins, quoique ce point de vue soit moins développé, il n'est pas douteux que la conception delà vie, telle qu'on l'observe chez les êtres organisés, ne l'inspire d'un bout à l'autre. Le mouvement même, ce mouvement sans commencement ni fin qui agite l'univers, est comme une vie infuse dans tous les êtres de la nature (2). Si les plantes et les animaux naissent et croissent, c'est en vertu d'une chaleur vivifiante partout répandue, el le monde entier est en quelque sorte rempli d'âme el de vie (3). Le monde est un être vivant et animé, et à cause de cela principe de vie et de mouvement (4). Et ce qui est \rai du tout l'est des parties : la terre, elle aussi, est vivante, est animée, et, pareille à l'animal et à la plante, elle est sujette à la jeunesse et à la vieillesse (5). Les parties sont les organes, le tout est le corps, et corps et organes vivent également, sont également animés, parce qu'ils participent également de la vie et de l'âme universelles.
Mais où paraît d'une manière frappante le médecin
(1) Platon , édit. Charp., t. VI , p. 280-2R8.
(2) Oïov Xiofl ti; oiao toï( çvuei ovredrùai noatv, Arislole, Phijsiq., VIII , 1.
(3) Arist., Dégénérât, animal., III, 1.
(4) Idem, De cœlo, II, 2, 5.
(5) Idem, Du yen. animal., IV, ll>.
iNïftODtJCTlOX. XXI
dans le philosophe , c'est lorsque Aristote étudie l'homme sans le séparer des animaux, c'est-à-dire en naturaliste, et l'âme sans la séparer du corps, c'est-à-dire en anatomiste et en physiologiste. C'est bien un naturaliste, c'est bien l'auteur de Y Histoire des animaux et de tant d'autres traités qui s'y rapportent (1) qui, distinguant dans l'âme trois âmes, savoir, l'âme nutritive, qui est celle de la plante, l'âme sensitive et motrice, qui est celle de l'animal, et l'âme intellectuelle, qui est celle de l'homme, les observe tour à tour avec le même soin, et les observe là où elles doivent être observées, savoir : la première chez tous les êtres vivants, à commencer par les plantes ; la seconde chez tous les animaux, à commencer par les moins parfaits ; et la dernière chez l'homme seulement, puisqu'on ne la trouve que là. C'est bien un anatomiste et un physiologiste, c'est bien celui que l'on a pu regarder comme le créateur de l'anatomie et de la physiologie comparées qui, considérant que les trois âmes là où elles coexistent n'en font qu'une, leur- assigne dans le cœur un siège unique ; discute et détermine le rôle du cerveau dans ses rapports à cette âme triple et indivisible, comme aussi celui des autres organes dont l'ensemble est le corps vivant ; explique enfin les différentes opérations vitales, les plus élevées comme les plus humbles, par la nature et le jeu des instruments que la nature leur a préparés, aussi bien que par les qualités de leurs objets respectifs. Pour ne parler ni de la nutrition , ni de la géné-
(1) Des parties des animaux ; — Du mouvement des animaux; — Delà marche des animaux; — De la génération des animaux; — De la génération et de la destruction.