XXII INTRODUCTION
ration, sa conséquence, qui sont des fonctions plutôt que des facultés, et qui appartiennent exclusivement à l'anatomie et à la physiologie , la sensibilité , qui comprend l'imagination et la mémoire, la locomotion et enfin l'intelligence môme sont observées , analysées et expliquées dans leur rapport au corps , fait pour elles, organisé pour elles. C'est en décrivant l'organe particulier de chaque sens particulier, et l'organe commun du sens commun , et en montrant leur appropriation aux objets sentis, qu'Aristoterend compte de la sensation (1). C'est en notant et exposant, à côté du rôle de l'appétit et du souffle, celui du cœur, de l'épine dorsale , des nerfs et des os, des articulations, qu'il rend compte de la locomotion (2). Et s'il n'attribue pas d'organe particulier à l'intelligence , s'il en fait une faculté hors ligne, je ne veux pas dire divine (3), il la met cependant dans la dépendance du sensorium commun , ou du cœur, en la mettant dans la dépendance de l'imagination, qui s'exerce là et par là (4). Voilà comment procède Aristote , et je demande si un médecin , traitant les mêmes questions, pourrait procéder plus médicalement.
Enfin, il n'est pas douteux qu'Aristote n'eût une théorie proprement médicale, une doctrine des maladies. On est allé jusqu'à dire qu'il avait exercé la médecine à Athènes (5), ce qui est peu vraisemblable ;
(1; De anim., Il, 5-12; III, 1,2.
(2) Ibid., III, 9-11. — 7)£ motu animal, tout entier.
(3) \oir Des théories do Vent, hum., 359-370. (-4) De anim., III, 8.
(5) Franc. Patricii discullonum peripalelicarum, t. IV, Bas* 1581, fol. p. 3.