XXX INTRODUCTION
et de se nourrir, celle d'engendrer. Sans se livrer à des recherches irès-personn elles et très-approfondies sur ces fonctions, il les étudie cependant comme elles veulent l'être, au point de vue physiologique (i). Dans l'animal, il distingue la faculté de pâtir, ou la passion, la faculté de se mouvoir, ou la locomotion, et la faculté de sentir proprement dite, c'est-à-dire la connaissance des corps par les cinq sens ; et sur chacun de ces points le médecin paraît clairement dans le philosophe. La passion comprend : i° le plaisir et la douleur : Plolin les explique par les modifications du corps, tantôt altéré et tantôt perfectionné dans sa constitution ; 2° les appétits : Plotin les explique par les nécessités ou les besoins de la vie, et les loge dans le foie, le propre organe de la vie végétative ; 3° la .colère : Plotin l'explique par un certain état du sang, et conséquemment de la bile, et la place dans le cœur où le sang, venu du foie, s'élabore et se perfectionne (2). La locomotion n'attire guère l'attention de notre philosophe ; mais en la refusant à l'âme, qui donne seulement Tordre du mouvement (3), et en chargeant l'animal de l'exécution, il montre assez qu'il la considère comme une opération physiologique. N'est-ce pas un anatomiste, ou un disciple des anatomi&tes alexandrins, qui, plaçant dans le cerveau l'origine des nerfs, et dans les nerfs la puissance de mouvoir, fait résider celle-ci dans le cerveau (4) ? La théorie de la sensibilité rapportée, comme la locomotion, au cerveau et aux
(1) Ennéades, IV, m, 19, 23 ; vi, 28. - I, i, 8. — V, ix, 0.
(2) lbid , I, i, 1, 5, 7. - IV, vi, 18, 19, 20, 21, 28.
(3) lbid., 1,1,3,4.
(4) lbid., IV, m,23.