‹ La philosophie des médecins grecsChapitre 19 sur 83 · INTRODUCTION. XXIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXIX

• doué de sensibilité, et si cette sensibilité s'exerce par des sens distincts, ayant des organes distincts , ou si elle ne se réduit pas plutôt à cette sensation intime de soi-même (cuvaiaOr^tç) par laquelle l'homme perçoit son propre corps, comme il perçoit les autres corps par les autres sensations (1). Même méthode quand il s'occupe de l'animal que nous appelons la terre. Il veut savoir s'il a la puissance d'engendrer et de croître, qui est la vie proprement dite, la vie végétative, commune à la plante et à l'animal (2); s'il a seulement la sensation interne de soi-même, ou les mêmes sensations externes et diverses que les animaux particuliers qui s'agitent dans son sein ; si ses sensations ont lieu par des organes ; si ses organes sont semblables aux nôtres (3), etc., etc. Dans tout cela, on reconnaît sans doute le disciple de Platon, mais de Platon observant et raisonnant à la façon d'un naturaliste et d'un médecin.

Dans la sphère de la nature humaine, Plotin se montre encore animé du môme esprit. Il n'oublie pas de constater, au-dessous de l'âme proprement dite, c'est-à-dire de l'homme, l'animal, qui est un composé du corps et de l'âme, et le corps, c'est-à- dire le corps vivant, on pourrait dire la plante (4). Et c'est seulement après avoir étudié le corps vivant et l'animal dans l'homme, qu'il arrive à l'homme même et s'y arrête avec complaisance. Dans le corps vivant, il dislingue deux facultés, celle de végéter, de croître

(1) Ennéades, IV, iv, 24.

(2) Ibid., 27.

(3) Jbid.,26.

(4) Ibid., I, i, 1-12.

Page 1